I - POUR UNE DEMOCRATIE MODERNE
Notre système démocratique fonctionne normalement. Mais, comme il se doit, nous devons toujours chercher à le perfectionner et à le moderniser. Dans cette perspective, nous allons :
- Accélérer la mise en œuvre de la décentralisation pour stimuler les initiatives locales et renforcer la participation populaire au développement ;
- Finaliser la mise en place des institutions prévues par la Constitution ;
- Assurer la tenue d'élections régulières et transparentes par une identification rigoureuse du corps électoral et une stricte supervision par l'ONEL ;
- Continuer à appliquer notre programme de bonne gouvernance et notamment intensifier la lutte contre la corruption, grâce notamment à la Chambre des Comptes ;
- Renforcer les mesures susceptibles d'inculquer aux populations un "comportement citoyen" notamment dans le domaine de la lutte contre l'insécurité routière, la fraude, la contrebande et les atteintes à l'environnement ;
- Continuer à combattre l'insécurité sous toutes ses formes, car la démocratie ne peut s'épanouir dans le désordre ;
- Poursuivre le dialogue avec toutes les familles politiques dans le cadre de la "démocratie apaisée" et, dans cet esprit, créer un poste de médiateur de la république en vue de décrisper le débat politique et d'arbitrer les différends entre les citoyens et l'Etat.
Au plan économique, notre ambition est de placer le prochain Septennat sous le signe de la "sortie de crise".
II - POUR UNE ECONOMIE DYNAMIQUE
Nous avons rétabli les grands équilibres de notre économie et renoué avec la croissance. Mais nous avons - et devons - encore faire plus et mieux. Grâce à l’atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE, nous disposerons de facilités financières qui vont nous permettre de procéder à une véritable mutation de notre économie, pour la porter à un niveau supérieur de performance. Aussi allons-nous :
- Poursuivre le redressement de nos finances publiques ;
- Finaliser le programme des privatisations ;
- Mettre en œuvre une politique agricole ambitieuse en développant nos productions traditionnelles, mais en ouvrant aussi à nos paysans de nouvelles perspectives, comme par exemple la participation à la reconversion de la filière plantain, l'exploitation des zones marécageuses pour les produits de contre-saison ;
- Donner un souffle nouveau à nos industries animales, à l'élevage et à la pêche ;
- Mettre en œuvre un programme énergétique plus en adéquation avec nos besoins actuels, à partir de notre considérable potentiel hydroélectrique et de gaz naturel. Ce programme comporte des mesures à court terme pour mettre définitivement fin aux délestages ainsi qu'à moyen terme et long terme pour développer nos infrastructures d'électricité ;
- Poursuivre la prospection de nouveaux gisements d'hydrocarbures ;
- Mieux adapter notre politique industrielle aux réalités d'aujourd'hui, en mettant notamment plus d'accent sur la transformation sur place de nos matières premières ;
- Imprimer une dynamique nouvelle à notre tourisme dont les potentialités sont considérables ;
- Définir un cadre de régulation plus attractif pour les investissements privés ;
- systématiser la collaboration entre l'Etat et le secteur privé, dans la perspective d'un véritable partenariat mutuellement bénéfique ;
- faire de la Bourse de Douala le premier marché monétaire sous-régional ;
- maintenir les relations de confiance que nous entretenons avec les institutions financières internationales dont le soutien nous est si précieux ;
- participer activement aux nouvelles formes de coopération économique nées dans le sillage de la mondialisation (NEPAD, TICAD etc).
Ces diverses initiatives devraient non seulement stimuler l'activité économique de notre pays, mais aussi favoriser le rééquilibrage de nos échanges extérieurs. On devrait également en attendre des retombées positives en ce qui concerne l'emploi, la sécurité alimentaire, c'est-à-dire, en définitive, la réduction de la pauvreté, prélude à une société plus juste et plus solidaire.
III - POUR UNE SOCIETE PLUS JUSTE ET PLUS SOLIDAIRE
Le progrès social a toujours été et restera notre priorité. Nous disposons désormais d'une Stratégie de réduction de la pauvreté appuyée par les institutions financières internationales. Elle devrait nous permettre d'améliorer le sort des Camerounais dans divers domaines. Ainsi, serons-nous mieux armés
pour :
- améliorer le pouvoir d'achat des catégories les moins favorisées de la population ;
- lutter contre le chômage, et surtout celui des femmes et des jeunes ;
- renforcer la protection sociale ;
- protéger l'environnement afin de ménager aux générations futures des conditions de vie saines et agréables ;
- poursuivre l'amélioration de la condition féminine ;
- maintenir la santé au centre de nos priorités (modernisation des hôpitaux, création de nouveaux Centres de santé, recrutement de personnels de santé, lancement de nouvelles campagnes de vaccination, renforcement de la lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose etc) ;
- accélérer la construction des infrastructures de base : routes, ponts, écoles, marchés, logements sociaux, infrastructures sportives, etc…
- faciliter l'accès du plus grand nombre possible à l'eau, à l'électricité et au téléphone ;
- rendre accessible à la majeure partie du pays l'information par la radio et la télévision ;
Enfin, créer les conditions d'un développement rapide des Nouvelles technologies de l'information et de la communication.
En effet, notre conviction profonde est qu'au Cameroun comme dans tous
les pays du monde, la justice sociale est le premier ingrédient de la paix et
de la sécurité.
IV - POUR LA PRESERVATION DE LA PAIX ET DE LA SECURITE
La paix et la sécurité étant les conditions sine qua non de la démocratie et du développement, nous nous efforcerons, comme par le passé, de les préserver, en privilégiant le recours au droit international et à la négociation. Ainsi nous continuerons à :
- renforcer le camp de la paix dans le concert des Nations ;
- lutter contre le terrorisme et l'insécurité sous toutes ses formes ;
- défendre sans faiblesse notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale, mais en pratiquant une politique de paix et de bon voisinage ;
- mener à bien la réforme de nos forces armées qui en fera un outil de défense moderne et efficace ;
- militer pour le renforcement et la coopération sous-régionale et régionale ;
- soutenir l'action des organisations internationales et notamment de l'Union Africaine et des nations Unies ;
- développer toute forme de coopération bilatérale et multilatérale avec nos partenaires extérieurs.
Il est en effet évident que seule la densification de notre réseau d'amitié sur la scène internationale pourrait assurer à notre pays un rayonnement à la hauteur de ses ambitions légitimes.
V- POUR UN PLUS GRAND RAYONNEMENT DU CAMEROUN A L'EXTERIEUR
L'image du Cameroun à l'extérieur est celle d'un pays stable, à la population industrieuse et bien formée, à la culture variée, aux potentialités économiques et humaines considérables. Notre pays jouit d'une réputation de modération et d'attachement aux principes de la charte des Nations Unies sur la scène mondiale. Il a gagné cette réputation en raison de sa retenue dans ses relations avec ses voisins et de son attitude conciliatrice au sein des organismes de l'ONU.
En ce début du troisième Millénaire marqué par le triomphe de la mondialisation, ces atouts méritent d'être valorisés dans la perspective d'un véritable "renouveau diplomatique"qui exige, entre autres :
- le renforcement des capacités d'action de nos Missions diplomatiques pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle ;
- le renforcement de notre participation aux activités d'organisations telles que le Commonwealth, la francophonie et l'Organisation de la conférence islamique ;
- le développement de nos industries culturelles (musique, cinéma, théâtre, danse, édition, mode) qui contribuent déjà à faire connaître notre pays à l'extérieur ;
- la définition d'une politique sportive à la hauteur de la notoriété dont notre pays jouit dans le monde grâce en particulier aux exploits des lions indomptables et de nos athlètes.