C’était le 5 octobre 2004… Sur la place éclaboussée de soleil, l’attention était à son summum. Monatélé, chef-lieu du département de la Lékié, province du Centre, cuisait sous la chaleur d’une matinée de saison sèche qui n’avait pu avoir raison de l’affluence et de l’organisation. Les personnes présentes, tout comme les attitudes, étaient chargées de cette attente particulière aux grands tournants. Chacun sentait, savait que tout était différent : le candidat, le discours et les conséquences. Et alors que la foule en délire ponctuait de clameurs et d’applaudissements les propos du Président de la République en campagne pour la présidentielle de 2004, la ville de Monatélé et les témoins de l’histoire recueillaient chaque mot, chaque geste pour pouvoir dire, plus tard : j’y étais. Ce lancement de la campagne du candidat Paul Biya était soutenu par une profession de foi en 5 axes, développée sur un dépliant de quatre pages. Le 3ème des 5 axes, « nous allons construire une société plus juste et plus solidaire », situé en page 3 de cette profession de foi, contenait le projet qui concerne les femmes camerounaises : « l’amélioration de la condition féminine, et en particulier une meilleure représentation de la femme dans nos institutions et notre administration, resteront au 1er plan de nos préoccupations ».
La condition de la femme, l’un des grands défis de l’action de Paul Biya s’est confirmée comme une priorité.
L’annuaire statistique sur la situation de la femme au Cameroun, , publication du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille publie quelques données : la population camerounaise est estimée en 2001 à 15 472 557, dont 7 895 653 femmes, soit 51% de la population. La population rurale du Cameroun est estimée quant à elle à 65,2% avec 52% de femmes. Douala et Yaoundé concentrent 62% de la population urbaine du pays, et plus de 50% de cette population est constituée de femmes. Les femmes sont plus nombreuses à être chefs de familles monoparentales (60,6%).
Dans la répartition des unités administratives du pays (10 provinces, 58 départements, 268 arrondissements, 54 districts), elles se retrouvent à divers niveaux, que nous limiterons à quelques chiffres :
Ratio d’alphabétisation des femmes de plus de 15 ans en 2001 :92,5% à Yaoundé urbain, 90,5% à Douala urbain, 67,9% pour l’ensemble des provinces du pays. Accès à la propriété des femmes en 2001 : 61,4% de chef de ménage féminin contre 63,5% des chefs de ménage masculin sont propriétaires, mais dans cette strate il faut distinguer seulement 12,3% de femmes et 9,7% d’hommes qui ont un titre foncier, ce qui fait donc 53,8% d’hommes et 49,1% de femmes propriétaires sans titre foncier.
L’amélioration de la condition féminine, depuis le démarrage du projet des « Grandes Ambitions », se réalise dans deux directions :
EN GENERAL
La femme camerounaise bénéficie de toutes les mesures qui concernent l’ensemble de la population ; il s’agit, dans la profession de foi du candidat Paul Biya :
- De la modernisation de notre démocratie
- d’un nouvel élan à notre économie
- de la construction d’une société plus juste et plus solidaire
- du maintien de la paix et de la sécurité
- de la valorisation de l’image du Cameroun à l’extérieur
EN PARTICULIER
C’est une dimension spécifique et affirmée, qui consiste en actions précisément dirigées vers la femme. De l’éducation et la formation à la prise de décision, en passant par la création de la richesse,la prise en compte des secteurs et des catégories d’un genre particulier ou l’amélioration de la santé, les actes et les chiffres parlent d’eux-mêmes. De la représentation de la femme dans nos institutions à cette même représentation de la femme dans nos administrations en passant par plusieurs secteurs de la vie nationale, les projets sont nombreux, et les réalisations également. Un panorama complet ne saurait tenir dans les dimensions du présent espace d’expression. D’où le choix de réalisations parlantes et significatives, dans quelques domaines et secteurs.
I - REPRESENTATION DES FEMMES DANS NOS INSTITUTIONS ET ADMINISTRATIONS
A L’ASSEMBLEE NATIONALE ET DANS LES MAIRIES
La situation actuelle, remarquablement brossée en avril 2004 par le Ministère de la Condition Féminine est la suivante : 52 femmes élues dans les municipalités pour 308 hommes, et 19 femmes députées pour 161 hommes. Les exécutifs municipaux parlent également d’eux même : 3% de maires femmes soit10 pour 327 hommes, 10,7% de 1ers adjoints au maire femmes soit 36 pour 301 hommes, 23,7% de 2è adjoints au maire femmes soit 80 femmes pour 257 hommes, 15,7% de femmes 3è adjoint soit 11 femmes pour 59 hommes, 50% de femmes 4è adjoint soit 1 femme pour 1 homme. Une situation dont l’amélioration est incontournable, ainsi que l’a fait comprendre le Président de la République. A moins d’un an des élections législatives de 2007, l’interpellation du Chef de l’Etat s’adresse à l’ensemble de la société. Les appareils politiques doivent permettre qu’il y aie davantage de candidatures féminines, les femmes doivent s’investir avec plus de détermination et de sérieux dans l’arène politique, l’ensemble du corps social doit faire montre de plus d’ouverture d’esprit. Déjà, des campagnes sont actuellement menées par plusieurs ONG et associations du Cameroun pour qu’il y ait de 50 à 100 femmes maires et de 25 à 50 femmes parlementaires après les élections législatives de 2007. Un soutien systématique aux femmes parlementaires et maires actuelles est ainsi envisagé.
DANS LE GOUVERNEMENT
Le gouvernement du 8 décembre 2004, réaménagé le 22 septembre 2006 n’a pas touché aux acquis féminins. 4 femmes sont des ministres, 2 femmes sont Secrétaires d’Etat, et depuis leur nomination, elles ont mené de nombreuses actions en faveur des femmes.
DANS L’ADMINISTRATION
UNE PREMIERE DANS LE COMMANDEMENT
Pour la première fois au Cameroun, des femmes sont nommées sous-préfet : MBO MEYE Claudine, épouse MBARGA OWONO à Mfou dans le département de la Mefou et Afamba, province du Centre, et OMBGA Catherine, épouse ZINGA MBASSI, à Mengong, département de la Mvila, province du Sud. Elles sont toutes les deux des administrateurs civils principaux. Le décret présidentiel signé le 17 juillet 2006 par Paul Biya porte les références 2006/231. Le verrou du commandement saute enfin, par la volonté du Chef de l’Etat qui donne une fois de plus corps à ses promesses de campagne.
LES SECRETAIRES GENERAUX
On le sait, la coordination des ministères, après les ministres, revient aux secrétaires généraux. Tourisme, PME, Contrôle Supérieur de l’Etat, Emploi et Formation Professionnelle, Elevage et pêche ont comme SG des femmes, soit 5. La nouvelle donne arrêtée par le Chef de l’Etat voudrait que le carré se transforme en une autre figure géométrique. Pour ceux qui croient aux rêves, il pourrait même devenir parallélépipède…
LES FORCES DE L’ORDRE
La police camerounaise compte un directeur femme, des directeurs adjoints et plusieurs sous-directeurs. La gendarmerie et l’armée alignent quelques femmes colonels, plusieurs commandants et de nombreux capitaines.
LES AUTRES STRUCTURES TECHNIQUES DES MINISTERES
Le réseau Cameroon Women Managers Network a réalisé en août 2006 une étude sur la représentation des femmes dans quelques ministères du Cameroun et sociétés parapubliques. Selon les résultats de ladite étude, Le Ministère de la Santé affiche 1 Inspecteur Général des Services (rang de Secrétaire Général), 1Directeur, 1Conseiller Technique et 1 Chef de Division (rang de directeur), soit 4 hauts responsables femmes. Le Ministère des Relations Extérieures présente 2 femmes Directeurs. Le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature affiche 1 Conseiller Technique et 1 Directeur. Le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation compte 1 Conseiller Technique et 1 Directeur. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille affiche 2 Inspecteurs Généraux, 1 Inspecteur et 2 Directeurs…Plusieurs de ces nominations sont postérieures à la réélection du Président de la République à la Magistrature Suprême.
DANS LES SOCIETES PARAPUBLIQUES
4 femmes sont des Directeurs Généraux, et 4 sont des Directeurs Généraux Adjoints.
DANS LES INSTITUTIONS
A l’Assemblée Nationale, l’un des Vice-présidents est une femme.
A la vice-présidence de l’ONEL, l’Observatoire National des Elections se trouve une femme.
L’Adjoint du Coordonnateur du PNG, le Programme National de Gouvernance, est une femme.
II - AMELIORATION DE LA CONDITION FEMININE
Le rôle du Ministère de la Promotion de la femme et de la famille
Ce département qui comptait 708 personnels en décembre 2004 (annuaire statistique sur la situation de la femme au Cameroun, Minproff, décembre 2004) encadre les groupes à travers ces équipes et grâce à un centre de technologies appropriées à Maroua, et 35 centres de promotion de la femme dans 9 provinces du pays. Seule la province de l’Adamaoua ne dispose pas encore d’un centre de promotion de la femme, mais 4 y sont actuellement en construction. Les réseaux et associations de promotion féminine, structures indépendantes et autonomes assurent le relais sur le terrain. L’on dénombrait en septembre 2004 249 réseaux et 10 784 associations, concernant 263 725 femmes.
Sous l’égide du Minproff et avec le soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux, plusieurs actions ont été conduites :
Renforcement du pouvoir économique de la femme :
En 2004, 580 millions de crédit ont été octroyés à des femmes de la province de l’Extrême- Nord dans le cadre du projet Prépafen.
8 millions de francs d’aide ont été distribués à des femmes nécessiteuses.
170 millions de francs du programme genre du PNUD ont financé 238 micro projets de femmes dans les provinces de l’Adamaoua (86), du Littoral (27), du Nord-Ouest (71), et de l’Ouest (54).
Capacités techniques, matérielles et managériales des femmes :
3 journées d’échanges ont été organisées avec 500 revendeuses des marchés (200 à Yaoundé, 150 à Mbalmayo et 150 à Kumba pour déterminer leurs problèmes.
60 femmes de Yaoundé ont été formées sur les techniques de gestion de micro projets générateurs de revenus et les relations avec l’environnement fiscal et réglementaire.
Le projet PREPAFEN précité a formé 70 femmes de l’Extrême Nord en techniques d’élevage avicole et petits ruminants, organisé un atelier d’échanges en agro alimentaire regroupant 35 femmes, construit 27 puits, 13 forages, 56 magasins de stockage et 13 hangars de marché.
Des appuis matériels de 50 millions de francs ont profité à des groupes de femmes des 10 provinces afin de réduire la pénibilité de leurs travaux.
Le programme genre du PNUD précité a renforcé les capacités techniques et managériales de 200 femmes (75 dans le Nord-Ouest, 75 dans l’Adamaoua et à 50 L’Ouest).
En 2005 et 2006, plusieurs de ces activités ont été poursuivies ou évaluées, des séminaires interprovinciaux de formation de masse se sont déroulés dans les provinces, d’autres projets portant renforcement de toutes ces capacités ont également vu le jour et sont en cours d’exécution. Ils seront publiés dans le prochain annuaire statistique sur la situation de la femme au Cameroun.
Réalisation de projets dans le cadre de la lutte contre la pauvreté :
Le micro projets productifs en faveur des femmes (MPPFCAM) ont réalisé une étude de l’impact socio économique et tenu un séminaire de validation des résultats de l’étude. L’appui à l’intégration des femmes dans la micro entreprise a appuyé en matériel des groupes de femmes des 10 provinces pour 50 millions de FCFA.
Programme global pour l’avancement des femmes et l’égalité des genres :
77 453 610F ont profité à 120 micro projets de femmes de l’Adamaoua (48), du Nord Ouest (42), et de l’Ouest (30).
50 agents encadreurs de promotrices d’agriculture ont été formés.
Promotion de l’égalité des genres entre les sexes :
120 leaders d’associations féminines du Centre, du Sud et de l’Est ont été formés en animation de groupes, montage et gestion des associations de développement communautaire.
14 leaders de la province du Centre ont opéré une restitution à 283 membres de leurs groupes répartis à Nanga Eboko (85), Elessugué par Saa (65), Eséka (35), Makak (33), Mfou (20), Bafia (25) et Yaoundé Kondengui (20).
Construction, aménagement et équipement des centres de promotion de la femme :
1 CPF a été inauguré à Foumban, 6 seront bientôt achevés, 4 sont en construction dans l’Adamaoua, 2 le sont également dans le Nord et 2 dans l’Extrême Nord, 23 ont été aménagés et 27 ont été équipés.
Pour 2005 et 2006, des titres de propriété sont en cours d’obtention et un plan type de construction de halte garderie n’attend que les financements pour entrer dans la phase de construction. Ce mois de décembre 2006 prévoit une formation à Monatélé des personnels du Minproff et de ses partenaires en approche genre (5 002 250F).
Santé :
Le Ministère de la Promotion de la femme et de la Famille a conduit plusieurs programmes dans le cadre de la lutte contre le VIH sida : pour la sensibilisation, 600 bayam sellam (revendeuses) des marchés de Yaoundé et Mbalmayo, 100 personnels des services centraux, 10 000 femmes, 1500 jeunes filles des centres de promotion de la femme, 350 associations féminines, 100 adolescentes à Bertoua, 200 femmes du réseau des associations féminines de Baleng, 500 femmes rurales dans les localités périphériques de Yaoundé (Ngoumou, Monatélé, Eséka, Mbankomo…), et 100 associations féminines sur les axes frontaliers (32 associations de la direction Gabon et Guinée Equatoriale, 32 associations de la direction Centrafrique Congo, et 36 associations de la direction Tchad et Nigéria ont été sensibilisées sur les dangers du sida et les risques aux frontières.
600 personnes vivant avec le VIH ont reçu des appuis multiformes (argent, médicaments, nutrition, montage de projets générateurs de revenus…
III - Eclairage sur l’Education de Base :
Des mesures générales ont contribué depuis plusieurs années à faciliter l’accès du plus grand nombre à l’éducation. La suppression des frais d’écolage, le paquet minimum pour les écoles, la politique du manuel scolaire, l’allocation de frais de fonctionnement aux écoles, l’initiative écoles amies des enfants amies des filles en coopération avec l’Unicef, l’appui à l’approche d’éducation non formelle, le plan national d’action EPT, Education Pour Tous, avec son objectif n°5 : actions concrètes en faveur de l’éducation des filles, la recommandation de Ticad III pour la destination de 50% du budget de l’éducation hors salaire à l’éducation de base figurent parmi les plus en vue. En dehors de cela,
Le Ministère de l’Education de Base est au cœur de plusieurs projets qui valorisent l’éducation de la fillette, femme de demain. A titre d’exemple, le paquet minimum va être revalorisé en 2007. Le Document de la Stratégie d’Accélération de la Scolarisation des Filles au Cameroun, publié le 19 avril 2004, a été révisé à la lumière des orientations données par le Chef de l’Etat, et à la suite de la prestation de serment du 4 novembre 2004.
Le programme éducation de base, qui se penche sur la santé, l’éducation, l’égalité et la protection pour chaque enfant, a obtenu en 2006 un taux de scolarisation supérieur à la moyenne prévue dans le primaire. Les indicateurs clés relevés dans le fichier actualisé du Ministère de l’Education de Base laissent apparaître les chiffres suivants en la matière : taux de scolarisation en maternelle 16,5%, primaire 100,14%, taux d’achèvement du cycle 56%.
Derrière ces données, une campagne énergique est menée pour la réduction de la déperdition scolaire des filles au cycle primaire, la valorisation des ressources féminines à travers le renforcement de la situation des filles à l’école et la prise en compte du genre dans le recrutement des enseignants vacataires. Tous ces efforts ont permis à la fin de l’année 2006 d’obtenir un taux d’achèvement du primaire de 53,9% pour les filles et de 65,4% pour les garçons.
Une autre augmentation à relever, c’est celle des taux nets de fréquentation 2006 : 77% pour les filles, 82% pour les garçons au cycle primaire, 37,1% pour les filles au secondaire et 38,1% pour les garçons.
A l’actif des progrès réalisés en un an pour l’amélioration de la condition de la fillette et de la jeune fille, de2005 à 2006, l’on peut compter la mise en route de l’EPT, l’assouplissement de la réglementation sur l’âge de redoublement des filles pour cause de congé de maternité, les campagnes de sensibilisation des parents dans les zones où les disparités régionales sont les plus grandes (exemples) avec l’implication des autorités traditionnelles. Les stratégies d’accélération prévues dès la fin de l’an 2006 sont les suivantes : éducation parentale sur la scolarisation des filles et la problématique genre, valorisation des modèles de réussite, sensibilisation contre les mariages précoces (12% des filles continuent à être mariées avant 15ans avec un pic de 31% dans l’Extrême Nord), création de comités villageois de suivi de pré scolarisation et de protection des filles à l’école, appui aux activités génératrices de revenus à travers les coopératives féminines, bourses scolaires aux filles pour ne citer que ces mesures.
IV - Les femmes dans l’agriculture, l’élevage et la pêche :
Le Cameroun et la FAO mènent une coopération multiforme qui a profité à la femme pour la période 2005-2006. Dans les projets financés sur fonds fiduciaires pour un total de 1 514 170 000CFA distinguons l’usine de transformation de manioc de Pouma, dans le Nyong et Kellé a été relancée, permettant à de nombreuses agricultrices d’intensifier la culture du manioc, car elles ont un débouché assuré à travers l’achat de leur production. Des communautés ont été mobilisées pour un changement de comportement en santé de reproduction, et un appui a été apporté au programme spécial de sécurité alimentaire.
Des projets clôturés ont des effets bénéfiques induits dont les femmes ont commencé à profiter, et qui se sont démultipliés en 2005-2006 : l’appui à la multiplication et à la diffusion de semences améliorées et saines de riz, la formation des agricultrices en gestion intégrée de production et de protection du niébé, la gestion durable des produits forestiers non ligneux.
Les projets Téléfood, 47 au total, qui redistribuent les fonds engrangés au cours d’une soirée à des petits projets en sont à 106 833 740F, dans lesquels les femmes ont bénéficié de pêcheries en petits plans d’eau, de soutien à la riziculture, de production intensive et transformation du manioc, d’intensification des cultures maraîchères à Zoamin, d’élevages de porcs dans le Sud-Ouest, de développement de fermes avicoles dans le centre à Badjop dans le Nyong et Kellé, d’élevage d’escargots, de production de semences de maïs dans 3provinces, de culture de gingembre et de production d’arachides.
L’année 2006 prévoit de financer des micros jardins scolaires dans l’Extrême Nord, le Nord et le Littoral, de la production de vivriers dans le Nord Ouest pour des veuves et des enfants abandonnés, un élevage de poulets de chair et la valorisation des noyaux de mangues sauvages utilisées en cuisine.
V - Les organismes de financement
L’OFRDPC, l’Organisation des Femmes du Parti du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a organisé le 4 novembre 2006 une journée conseil à l’intention des militantes de son parti et des populations intéressées autour du thème : la contribution de la militante de l’OFRDPC à la réalisation du projet des Grandes Ambitions. C’était dans le cadre du XXIVè anniversaire de l’accession du Président de la République à la Magistrature Suprême, avec un accent mis sur la lutte contre la pauvreté. Plusieurs exposants ont mis leurs compétences au service du public dans les domaines de la création, du financement et de l’évaluation d’activités génératrices de revenus. Les organisations de financement présentes ont rencontré un grand succès et se sont fait connaître. Voici quelques unes des actions conduites en faveur des femmes camerounaises entre 2004 et 2006 :
- ACEP Cameroun a financé dès 2005 plus de 4 milliards de crédit dont un tiers aux femmes, à des conditions simples, rapides, à 1,33% d’intérêt par mois et sans qu’il soit besoin d’épargner d’abord. Le meilleur taux de remboursement est celui des femmes, 97%.
Le projet Crédit Rural Décentralisé du MINADER, le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, qui avec 400 millions de francs subventionne l’agriculture soit à travers les caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées, soit à travers 19 établissements de micro finance présents dans 3 provinces du pays, a permis la création de 112 caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées dans les provinces du Centre et du Grand Nord. Les résultats sont élogieux : 50 000 clients dont 30% de femmes, 1,17 milliard d’épargne mobilisée par les femmes, 1,31 milliards de crédits accordés aux femmes sur 6,9 milliards d’épargne totale mobilisée. L’engouement laisse croire que ces résultas vont grandement s’améliorer dans les jours à venir.
VI - La vitalité des associations et ONG de Promotion de la Femme
Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la famille identifie 259 réseaux regroupant plusieurs associations féminines : fédérations, regroupements, collectifs, ces réseaux agissent dans tous les secteurs. Quelques actions prises au hasard : le COFEC, le Collectif des Organisations de Promotion des Femmes au Cameroun, créé en 2004, et dans lequel l’on retrouve le CERAC, le Cercle des Amis du Cameroun, Association fondée par la Première Dame mène pour 2006 des activités multiples. Grâce à un financement de l’ACBF (African Capacity Building Foundation), une ONG africaine, a permis la mise en place du projet CAREF. 257 millions de FCFA pour la période novembre –décembre 2006. En formation, formation des leaders de groupes communautaires et des représentants des étudiants et des élèves de la province de l’Ouest à Bafoussam (CERAC, 5 649 600F), une formation de femmes à la gestion des ONG et associations à Bafia (CEFEPROD, 1 256 750F), formation en éducation à la sexualité à Ombessa et Yaoundé (FESADE, 3 385 998F) réalisation de micro projets (AFP, 3 290 000F), portail commercial pour la femme africaine, (AFIC, 3 000 250F) suivi médiatique et conservation des données, (APAC, 1 500 000F), un voyage d’études à la FAO en Italie, (ACAFIA, 3 205 098F), formations et séminaires (ALVF, 1 044 285F). Comme ce réseau, de nombreux autres mènent des actions individuelles et collectives dont l’énumération prendrait plusieurs tomes. Cela permet d’imaginer le nombre de projets et leurs bénéficiaires… Un véritable maillage qui de plus en plus, s’étend sur la totalité du pays.
VII - L’ACTION PARTICULIERE DE LA PREMIERE DAME DU CAMEROUN
La Fondation Chantal BIYA, le Cercle des Amis du Cameroun, l’ONG Panafricaine Synergies Africaines Contre le Sida et les Souffrances sont trois structures fondées par la Première Dame, Epouse du Président de la République, Madame Chantal Biya. Un énorme travail est abattu quotidiennement par ces organisations sur le plan national et international dans tous les domaines énumérés dans ce texte, et bien d’autres. La Dame de Cœur, aux côtés de son Illustre Epoux, apporte la pierre d’angle qui ajoute la touche particulière qui vient couronner un travail qui appelle l’engagement de toute la nation.