C’est dans la perspective de cet événement que le Président tchadien, Son Excellence IDRISS DEBY ITNO a dépêché ce 12 mars 2007 à Yaoundé, un émissaire auprès de son homologue camerounais. Monsieur ADOUM YOUNOUSMI, Ministre d’Etat, Ministre des infrastructures du Tchad était porteur d’une invitation y relative.
Le Sommet de Ndjamena va se tenir dans un contexte sous-régional marqué par d’importantes réformes visant à doter la CEMAC de nouvelles institutions et à mettre en place des économies suffisamment compétitives pour permettre une insertion harmonieuse des pays de la CEMAC dans la mondialisation. A cet effet, un Comité de pilotage avait été mis sur pied à Bata (Guinée Equatoriale) l’année dernière. Ce Comité que dirige le Cameroun a un mandat de 2 ans (2006-2008). La rencontre de Ndjamena devrait donc permettre de faire une évaluation à mi-parcours.
Outre la remise du carton d’invitation, l’envoyé spécial tchadien a déclaré à sa sortie de l’audience d’une quarantaine de minutes au Palais de l’Unité que le Président Paul BIYA et lui-même ont mis cette occasion à profit pour passer en revue les relations de bon voisinage, d’amitié et de coopération qu’entretiennent Yaoundé et Ndjamena : « Aucun nuage (a dit le Ministre tchadien) ne couvre le ciel sur l’axe Yaoundé-Ndjamena ». Et M. YOUNOUSMI d’ajouter que « jamais nos relations bilatérales n’ont atteint un niveau aussi élevé que depuis quelques années ».
Chantiers prioritaires du septennat ( Gandes ambitions 2004 _ 20011)
I - POUR UNE DEMOCRATIE MODERNE
Notre système démocratique fonctionne normalement. Mais, comme il se doit, nous devons toujours chercher à le perfectionner et à le moderniser. Dans cette perspective, nous allons :
- Accélérer la mise en œuvre de la décentralisation pour stimuler les initiatives locales et renforcer la participation populaire au développement ;
- Finaliser la mise en place des institutions prévues par la Constitution ;
- Assurer la tenue d'élections régulières et transparentes par une identification rigoureuse du corps électoral et une stricte supervision par l'ONEL ;
- Continuer à appliquer notre programme de bonne gouvernance et notamment intensifier la lutte contre la corruption, grâce notamment à la Chambre des Comptes ;
- Renforcer les mesures susceptibles d'inculquer aux populations un "comportement citoyen" notamment dans le domaine de la lutte contre l'insécurité routière, la fraude, la contrebande et les atteintes à l'environnement ;
- Continuer à combattre l'insécurité sous toutes ses formes, car la démocratie ne peut s'épanouir dans le désordre ;
- Poursuivre le dialogue avec toutes les familles politiques dans le cadre de la "démocratie apaisée" et, dans cet esprit, créer un poste de médiateur de la république en vue de décrisper le débat politique et d'arbitrer les différends entre les citoyens et l'Etat.
Au plan économique, notre ambition est de placer le prochain Septennat sous le signe de la "sortie de crise".
II - POUR UNE ECONOMIE DYNAMIQUE
Nous avons rétabli les grands équilibres de notre économie et renoué avec la croissance. Mais nous avons - et devons - encore faire plus et mieux. Grâce à l’atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE, nous disposerons de facilités financières qui vont nous permettre de procéder à une véritable mutation de notre économie, pour la porter à un niveau supérieur de performance. Aussi allons-nous :
- Poursuivre le redressement de nos finances publiques ;
- Finaliser le programme des privatisations ;
- Mettre en œuvre une politique agricole ambitieuse en développant nos productions traditionnelles, mais en ouvrant aussi à nos paysans de nouvelles perspectives, comme par exemple la participation à la reconversion de la filière plantain, l'exploitation des zones marécageuses pour les produits de contre-saison ;
- Donner un souffle nouveau à nos industries animales, à l'élevage et à la pêche ;
- Mettre en œuvre un programme énergétique plus en adéquation avec nos besoins actuels, à partir de notre considérable potentiel hydroélectrique et de gaz naturel. Ce programme comporte des mesures à court terme pour mettre définitivement fin aux délestages ainsi qu'à moyen terme et long terme pour développer nos infrastructures d'électricité ;
- Poursuivre la prospection de nouveaux gisements d'hydrocarbures ;
- Mieux adapter notre politique industrielle aux réalités d'aujourd'hui, en mettant notamment plus d'accent sur la transformation sur place de nos matières premières ;
- Imprimer une dynamique nouvelle à notre tourisme dont les potentialités sont considérables ;
- Définir un cadre de régulation plus attractif pour les investissements privés ;
- systématiser la collaboration entre l'Etat et le secteur privé, dans la perspective d'un véritable partenariat mutuellement bénéfique ;
- faire de la Bourse de Douala le premier marché monétaire sous-régional ;
- maintenir les relations de confiance que nous entretenons avec les institutions financières internationales dont le soutien nous est si précieux ;
- participer activement aux nouvelles formes de coopération économique nées dans le sillage de la mondialisation (NEPAD, TICAD etc).
Ces diverses initiatives devraient non seulement stimuler l'activité économique de notre pays, mais aussi favoriser le rééquilibrage de nos échanges extérieurs. On devrait également en attendre des retombées positives en ce qui concerne l'emploi, la sécurité alimentaire, c'est-à-dire, en définitive, la réduction de la pauvreté, prélude à une société plus juste et plus solidaire.
III - POUR UNE SOCIETE PLUS JUSTE ET PLUS SOLIDAIRE
Le progrès social a toujours été et restera notre priorité. Nous disposons désormais d'une Stratégie de réduction de la pauvreté appuyée par les institutions financières internationales. Elle devrait nous permettre d'améliorer le sort des Camerounais dans divers domaines. Ainsi, serons-nous mieux armés
pour :
- améliorer le pouvoir d'achat des catégories les moins favorisées de la population ;
- lutter contre le chômage, et surtout celui des femmes et des jeunes ;
- renforcer la protection sociale ;
- protéger l'environnement afin de ménager aux générations futures des conditions de vie saines et agréables ;
- poursuivre l'amélioration de la condition féminine ;
- maintenir la santé au centre de nos priorités (modernisation des hôpitaux, création de nouveaux Centres de santé, recrutement de personnels de santé, lancement de nouvelles campagnes de vaccination, renforcement de la lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose etc) ;
- accélérer la construction des infrastructures de base : routes, ponts, écoles, marchés, logements sociaux, infrastructures sportives, etc…
- faciliter l'accès du plus grand nombre possible à l'eau, à l'électricité et au téléphone ;
- rendre accessible à la majeure partie du pays l'information par la radio et la télévision ;
Enfin, créer les conditions d'un développement rapide des Nouvelles technologies de l'information et de la communication.
En effet, notre conviction profonde est qu'au Cameroun comme dans tous
les pays du monde, la justice sociale est le premier ingrédient de la paix et
de la sécurité.
IV - POUR LA PRESERVATION DE LA PAIX ET DE LA SECURITE
La paix et la sécurité étant les conditions sine qua non de la démocratie et du développement, nous nous efforcerons, comme par le passé, de les préserver, en privilégiant le recours au droit international et à la négociation. Ainsi nous continuerons à :
- renforcer le camp de la paix dans le concert des Nations ;
- lutter contre le terrorisme et l'insécurité sous toutes ses formes ;
- défendre sans faiblesse notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale, mais en pratiquant une politique de paix et de bon voisinage ;
- mener à bien la réforme de nos forces armées qui en fera un outil de défense moderne et efficace ;
- militer pour le renforcement et la coopération sous-régionale et régionale ;
- soutenir l'action des organisations internationales et notamment de l'Union Africaine et des nations Unies ;
- développer toute forme de coopération bilatérale et multilatérale avec nos partenaires extérieurs.
Il est en effet évident que seule la densification de notre réseau d'amitié sur la scène internationale pourrait assurer à notre pays un rayonnement à la hauteur de ses ambitions légitimes.
V- POUR UN PLUS GRAND RAYONNEMENT DU CAMEROUN A L'EXTERIEUR
L'image du Cameroun à l'extérieur est celle d'un pays stable, à la population industrieuse et bien formée, à la culture variée, aux potentialités économiques et humaines considérables. Notre pays jouit d'une réputation de modération et d'attachement aux principes de la charte des Nations Unies sur la scène mondiale. Il a gagné cette réputation en raison de sa retenue dans ses relations avec ses voisins et de son attitude conciliatrice au sein des organismes de l'ONU.
En ce début du troisième Millénaire marqué par le triomphe de la mondialisation, ces atouts méritent d'être valorisés dans la perspective d'un véritable "renouveau diplomatique"qui exige, entre autres :
- le renforcement des capacités d'action de nos Missions diplomatiques pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle ;
- le renforcement de notre participation aux activités d'organisations telles que le Commonwealth, la francophonie et l'Organisation de la conférence islamique ;
- le développement de nos industries culturelles (musique, cinéma, théâtre, danse, édition, mode) qui contribuent déjà à faire connaître notre pays à l'extérieur ;
- la définition d'une politique sportive à la hauteur de la notoriété dont notre pays jouit dans le monde grâce en particulier aux exploits des lions indomptables et de nos athlètes.
dossier
ACCORDS BILATERAUX D’ANNULATION DE LA DETTE
DES PAYS MEMBRES DU CLUB DE PARIS
Le Cameroun récolte les fruits de l’atteinte du Point d’achèvement de l’IPPTE
Suite à l’atteinte du Point d’achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés par la Cameroun, le 28 avril 2006 et suivant les prescriptions de la réunion des pays membres du Club de Paris, le 17 juin 2006, plusieurs pays ont déjà annulé leur dette vis-à-vis du Cameroun :
22 juin 2006 à Yaoundé,
La France dans le cadre du contrat de Désendettement Développement (C2D), soit 352 milliards de FCFA. En tant que pays membre du Club de Paris, elle n’a pas encore réagi en ce sens.
26 octobre 2006 à Yaoundé,
Le Japon ; Soit 50 milliards de FCFA.
27 octobre 2006 à Yaoundé,
Le Canada ; Soit 102 milliards de FCFA.
1er novembre 2006 à Yaoundé,
La République Fédérale d’Allemagne signe un avenant d’un montant de 559 milliards de FCFA. L’annulation proprement dite aura lieu après l’amendement de cet avenant par la partie allemande.
02 novembre 2006 à Viennes,
L’Autriche ; Soit 344 466 638,76 Euros.
28 novembre 2006 à Yaoundé,
La Belgique ; Soit 156 milliards de FCFA.
28 novembre 2006 à Yaoundé,
Le Danemark ; Soit 50 milliards de FCFA.
30 novembre 2006 à Yaoundé,
L’Italie ; Soit 88 milliards de FCFA.
15 décembre 2006 à Yaoundé,
L’Espagne ; Soit 486 213,43 Euros.
17 janvier 2007 à Yaoundé,
Les Etats-Unis d’Amérique ; Soit 16 milliards de FCFA.
23 janvier 2007 à Yaoundé,
Royaume des Pays Bas ; Soit 6 milliards de FCFA.
dossier
LA DECENTRALISATION AU CAMEROUN
( Atouts et Enjeux)
Indicateur du niveau d’enracinement de la culture démocratique du pays, La décentralisation rend effective la participation des citoyens à la gestion des affaires locales. Elle est porteuse de réels espoirs d’un développement durable. Au Cameroun, le processus de décentralisation est en cours et avance sereinement.
L’histoire de la décentralisation au Cameroun est antérieure à l’indépendance du pays. On peut rappeler à cet effet que c’est en 1941 que furent créées les Communes de Yaoundé et de Douala.
Depuis ces années, la pratique de la décentralisation n’a cessé d’évoluer au Cameroun à travers l’avènement de la mise en place d’autres communes. Toutefois, c’est surtout la loi N°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 02 Juin 1972 qui a donné une impulsion nouvelle et un rôle accru et déterminant à la décentralisation pour améliorer et dynamiser le développement politique, social et économique du Cameroun.
En effet, le titre 10 de cette loi traite des collectivités territoriales décentralisées de la République, il s’agit des régions et des communes. Si en 1996, l’institution communale était en soi une réalité bien connue autant par les aînés que par la jeune génération, Il n’en était pas de même pour les régions qui renvoyaient certes à une réalité administrative tout aussi connue à savoir la Province, mais déjà, le terme région que l’on découvrait à cette occasion apportait des éléments novateurs que la loi elle-même allait se charger de décliner pour une meilleure compréhension des enjeux de la décentralisation.
En effet, l’enjeu majeur de la décentralisation est de promouvoir le développement durable en impliquant les populations de la base à la gestion de leurs affaires. Il s’agit d’aller bien au-delà de ce que l’institution communale permettait de faire jusque-là. Et oser franchir le pas décisif d’une grande responsabilisation des populations. Une incitation à prendre des initiatives au plan local et de s’investir dans la recherche des solutions idoines aux problèmes locaux.
Donner un contenu concret à la gestion de proximité et une réelle autonomie à ces entités, en reconnaissant à la base le pouvoir de partager l’initiative des projets et des décisions engeant la vie de la localité et cette de la nation, au final.
La loi définit et codifie le cadre d’existence et de fonctionnement optimal de cette autonomie. Ainsi, en tant que personnes morales de droit public. Les collectivités locales décentralisées jouissent de l’autonomie administrative et financière pour la gestion des intérêts régionaux et locaux. La loi affirme que les collectivités territoriales décentralisées sont librement administrées par les conseils élus qui ont pour mission de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif de ces collectivités. Par de la cette autonomie reconnue, le Cameroun demeure un état unitaire décentralisé .La constitution précise que l’Etat assure la tutelle sur les collectivités territoriales décentralisées et veille à leur développement harmonieux sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre inter-régional.
Proclamée par la loi constitutionnelle du 18 Juin 1996, restait à rendre opérationnelle la décentralisation annoncée en l’inscrivant dans un processus de mise en œuvre bien maîtrisé et judicieusement encadré par la loi et les textes réglementaires subséquents. Et veiller parallèlement au renforcement des capacités des acteurs impliqués à l’application concret, de cette décentralisation.
Le cadre juridique ci-dessus évoqué appelait de toute évidence la mise en cohérence de toute la législation existante en matière d’organisation et de fonctionnement de l’institution communale et les régions pour les adapter au contexte nouveau créé par l’avènement de la décentralisation. Sur le sujet tout un arsenal législatif et réglementaire était en vigueur ; notamment :
- La constitution du 02 Juin 1972.
- La loi N°74/23 du 058 Décembre 1974 portant organisation communale et ses divers modificatifs subséquents.
- La loi ou 87/015 du 15 Juillet 1987 portant création des Communautés Urbaines.
- La loi N°92/002 du 14 Août 1992 fixant les conditions d’élection des conseillers municipaux.
- Le Décret N°77/91 du 25 Mars 1977 déterminant les pouvoirs de tutelle sur les communes, les syndicats de communes et établissements communaux, plus l’ensemble de ses modificatifs subséquents.
- Le Décret N°77/85 du 07 Mai 1996 modifiant certaines dispositions du décret N°77/85 du 22 Mars 1977 fixant les modalités de fonctionnement et de gestion du FEICOM plus l’ensemble de ses modificatifs.
- La carte signalétique de l’institution communale découlant de ce cadre juridique affiche les données ci-après :
-10 Régions ; 339 Communes dont :
- 02 Communautés Urbaines (Ydé-Dla)
- 09 Communes à Région Spécial
- 11 Communes urbains d’arrondissement
- 11 Communautaires
- 9963 Conseillers Municipaux
Le mouvement associatif communal est animé par deux organisations :,
- L’Association des Communes et Villes du Cameroun (ACVC).
- L’union des Communes et Villes du Cameroun (UCVC)
De même, le Fonds d’Equipement et d’Intervention Inter – Communal (FEICOM) restructuré en 2006 et le Centre de Formation pour l’Administration Municipale (CFAM) sont les deux principales structures d’encadrement des communes.
LES LOIS DE DECENTRALISATION
A la suite de la loi N°96/06 du 18 Janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 Juin 1972 en son titre 10 traitant des collectivités locales décentralisées, un nouveau dispositif législatif est entré en vigueur.
Il abroge certaines dispositions de loi N°74/23 du 05 Décembre 1974 portant organisation communale et celle du 15 Juillet 1987 portant création des Communautés Urbaines. Un ensemble de trois textes législatifs constitue l’essentiel du nouveau dispositif ; à savoir :
Une loi dite d’orientation de la décentralisation (Loi N°2004/017 du 22 Juillet 2004) fixe les règles générales applicables en matière de décentralisation territoriale.
Cette loi définit la décentralisation comme un transfert par l’Etat aux collectivités territoriales décentralisées de compétences particulières et de moyens appropriés. Pour le Législateur Camerounais, la décentralisation constitue l’axe fondamental de promotion du développement, de la démocratie et de la bonne gouvernance au niveau local. Très important à relever les collectivités territoriales décentralisées exercent leurs activités dans le respect de l’Unité Nationale, de l’intégrité du territoire et de la primauté de l’Etat. Ces précisions du législateur sont des données fondamentales dans le contexte de notre pays, ou la tentation sécessionniste s’est parfois manifestée d’une manière plus au moins sérieuse.
Votés en 2004, ces textes très attendus sont venus combler la soif de précision, de lisibilité et de visibilité qui voilait jusque là les contours encore imprécis du processus de la décentralisation annoncé avec force par le texte constitutionnel du 18 Janvier 1996.
Ce cadrage législatif rendu disponible permet désormais de lire l’ensemble du processus de décentralisation dans ses détails et donne la possibilité de procéder de manière rigoureuse et méthodique à la mise en place des diverses structures et pouvoir en temps opportun l’ensemble des maillions des éléments indispensables à un fonctionnement optimal de cette délicate machine. Il va sans dire que pareille manœuvre exige pas mal d’habilité. Une réelle dextérité. Une véritable vision politique pour prévenir les erreurs d’appréciation souvent porteuses de lourdes conséquences au plan des intérêts immédiats des citoyens et la stabilité de l’Etat.
Il faut donc préparer mûrement les citoyens à assumer efficacement les responsabilités nouvelles et accrues que leur impose le transfert des compétences, inscrit en lettres capitale dans le processus de décentralisation.
PARTAGE DU POUVOIR AU CŒUR DE L’ETAT UNITAIRE DECENTRALISE
Le nouveau contexte met en scène des acteurs nouveaux, mais appelés à prendre des initiatives cruciales dans la gestion des affaires locales. Et ce dans les divers domaines où des compétences leur sont dévolues précisément, au plan économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif.
D’où les efforts de vulgarisation des textes fondateurs de la décentralisation, pour promouvoir leur appropriation optimale par les différents acteurs sociaux à travers de nombreux séminaires et ateliers de renforcement des capacités pour permettre aux élus locaux de maîtriser leur rôle afin de faire des municipalités des centres d’application de la bonne gouvernance, et des conseils municipaux d’authentiques, écoles de démocratie. Le législateur affirme à ce propos que la Commune est la collectivité territoriale décentralisée de base. Notons a cet effet que la robustesse de tout édifice dépend de la solidité de ses fondations qui constituent sa base. C’est à dire l’importance des municipalités dans la réussite du processus de décentralisation au Cameroun. La bonne santé des régions sera à coup sûr tributaire des belles performances des municipalités qui en constituent le socle. De la santé physique et mentale des élus locaux dépendra aussi certainement la qualité des conseillers régionaux dont ils constituent le collège électoral.
L’un des atouts essentiels du processus en cours est de répondre à un besoin essentiel sans cesse exprimé par la population de la base de participer à la prise de décision et à la gestion des affaires qui les concernent.
Ceci explique toute l’attention portée au suivi des activités des élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions où le moindre écart ne leur est point pardonné.
Bien au contraire. On a pu le vérifier au cours des derniers mois. En effet de nombreux élus locaux convaincus de malversations financières, d’abus de biens sociaux, d’atteinte à la fortune publique et des délits similaires ont dû prendre la fuite ( Le cas du Maire de la Commune Urbaine d’arrondissement de Yaoundé VI ) et dans tous les cas subir le déshonneur de leur déchéance prononcée par la plus haute autorité du pays nonobstant les poursuites judiciaires encourues(le cas du Maire de la Commune d’Eyumojock et celui de son collègue de la Commune de Ndom. Est- il meilleure illustration du souci permanent de s’assurer que les Communes , ces laboratoires de la décentralisation demeurent le reflet des espoirs que la société fonde pour impulser le développement local.
Si l ‘échéancier politique national ne subit pas de modification, l’année 2007 devrait être une année électorale. Le mandat des députés à l’assemblée Nationale élus en Juin 2002 arrive à son terme en Juin 2007, celui des conseillers municipaux élus à la même date arrive également à terme.
Si le processus de décentralisation venait à s’accélérer, après le renouvellement des conseils municipaux la mise en place des régions pourrait voir le jour dans des délais relativement courts. C’est évidemment un processus délicat et coûteux pour lequel il vaut sans doute mieux s’avancer à pas mesurés, question de s’assurer que l’on garde la bonne cadence et donc renvoyer l’éventualité d’un faux pas au nombre des hypothèses les moins plausibles. Tant-il est vrai qu’on ne joue pas au hasard avec le destin des individus. La gestion des affaires publiques fût-elle au niveau local est tout un art qui s’apprend à bonne école. Un fiasco au plan local peut avoir de graves répercutions au niveau central et national et peut affecter l’ensemble du système. Courir à la décentralisation peut être un choix contestable. Il est certainement avisé de si engager par étapes successives. Sagement. En toute prudence !
dossier
LE CAMEROUN, UN ILOT DE PAIX DANS
UN CONTINENT EN MOUVEMENT
Comment concilier les différences entre les Camerounais de toutes origines, et bâtir un Etat unanimement considéré comme un îlot de paix dans un continent si « généreux » en conflits de tous genres ? Tel est le défi permanent auquel se trouve confronté le Cameroun, considéré à juste titre comme une Afrique en miniature. Avec ses près de 200 ethnies, la pluralité de ses visages géographiques et culturels, la diversité des opinions politiques écloses à la faveur du vent de libéralisation du début des années 90, ce pays pourrait, a priori, réunir les éléments d’un cocktail explosif au plan sociopolitique.
Et pourtant, le Cameroun affiche belle allure, et constitue, dans sa sous-région, un véritable havre de stabilité et de paix, un cas rarissime dans le continent africain. Des concepts dont le chef de l’Etat a fait une préoccupation obsédante depuis son accession à la Magistrature Suprême du pays, le 6 novembre 1982. Le discours de prestation de serment prononcé à cette occasion indiquait que « s’agissant en particulier des options (…) dont l’application et les résultats font du Cameroun cet îlot de paix, d’unité, de stabilité, de justice et de progrès dans un monde aux prises avec les affres de l’instabilité, de la violence et de la pénurie, ces options, dis-je, je les rappelle, parce que les circonstances l’exigent, et pour m’en porter garant ».
Rien, entre-temps, n’est venu démentir un engagement aussi solennel et déterminant. Non pas, pourtant, qu’il n’y ait point eu de situations potentiellement ou réellement porteuses de tension ou de crise. Ainsi, dès août 1983, la première alerte sérieuse d’une tentative d’atteinte à la stabilité des institutions républicaines est donnée. Tout en indiquant une série de mesures correctives à la situation (création d’un Etat-Major général des Forces armées, éclatement des provinces du Nord et du Centre-Sud, etc…), le président Paul BIYA réitérait sa détermination à « œuvrer sans relâche et avec détermination, foi et engagement, pour la préservation et la consolidation de la paix et de l’unité nationale et pour l’avènement d’un Cameroun toujours plus fraternel et plus prospère dont nous puissions toujours être fiers ».
Lors des tristes événements d’avril 1984 (tentative de coup d’Etat), l’on a su se garder de succomber à la tentation de la simplification ayant consisté, par exemple, à incriminer et stigmatiser les ressortissants d’une région quelconque, en l’occurrence les trois provinces septentrionales du pays. Les manipulateurs de l’ombre ont aussi, en vain, essayé d’utiliser le levier des différences linguistiques entre anglophones et francophones, ainsi que les spécificités religieuses entre musulmans et chrétiens, pour jeter le doute et semer le trouble au sein d’une population très majoritairement constituée des adeptes de ces deux religions. Mais la grande maturité du peuple camerounais a fait échec à ces basses manœuvres, et l’essentiel de la paix sociale a pu être ainsi préservé.
Les années dites de braise, occasionnées par l’agitation sociopolitique du début des années 90, ont également constitué une épreuve importante de la vie du Cameroun. A la faveur des lois issues de la session dite des Libertés à l’Assemblée nationale, plusieurs dizaines de formations et associations politiques ont vu le jour, et se sont mis à se faire entendre bruyamment, pour, par exemple, exiger l’organisation d’une conférence nationale souveraine, à l’image de ce qui s’était passé dans d’autres pays africains à la même période. Mais, fort de ses principes et de ses convictions sur la préservation de la paix sociale et de la souveraineté nationale, le président Paul BIYA a su se montrer ferme, et la suite des événements, aux plans tant intérieur qu’au-delà, lui a pleinement donné raison. Devant la représentation nationale, il a déclaré sans équivoque : « je l’ai dit et le redis : la conférence nationale est sans objet pour le Cameroun ». A la place, un large débat national a été organisé au Palais des Congrès de Yaoundé, avec la participation de toutes les forces sociales et politiques du pays, dans le cadre de ce qui est, aujourd’hui encore, connu comme la Conférence Tripartite (pouvoirs publics, acteurs politiques et société civile). Ce conclave a notamment inspiré la révision constitutionnelle de janvier 1996, et a considérablement pesé sur le climat sociopolitique des années suivantes. Plus récemment encore, à la fin du mois de novembre 2006, l’on a vu le Premier Ministre recevoir, sur instruction du Chef de l’Etat, divers acteurs sociaux dans le cadre d’une large consultation devant aboutir à la mise sur pied d’un organe indépendant de gestion des élections au Cameroun (ELECAM). Un sujet volontiers considéré comme délicat, et ayant par exemple focalisé l’attention de l’opinion nationale et internationale lors des deux dernières vagues d’élections, tant nationales que locales.
Telle est l’approche camerounaise de la gestion des crises et tensions sociales : le dialogue républicain, la prise en compte des positions des divers acteurs, la fédération des divers avis et opinions, fondements de ce que l’on a fini par dénommer la démocratie apaisée, expérimentée ici avec un bonheur évident.
Bien que très largement vainqueur des deux dernières consultations électorales, le président Paul BIYA n’a pas hésité à tendre la main à ses adversaires d’hier, parfois connus pour la virulence de leurs critiques. Mais la construction de la confiance étant à ce prix, c’est le Cameroun tout entier qui en a tiré avantage, méritant, une fois de plus, sa réputation de pays de la sagesse et de havre de paix.
Dans ce même sillage, il est difficile de ne pas évoquer la maestria avec laquelle le président Paul BIYA a contribué à gérer l’affaire Bakassi, jusqu’à son dénouement manifesté par l’arrêt avantageux de la Cour Internationale de Justice de la Haye le 10 octobre 2002, et le retrait des troupes et des administrations nigérianes de la presqu’île le 14 août 2006. Un parcours, en tous points, exemplaire de patience, de tempérance, de tact et de diplomatie tant officielle qu’officieuse. Là où un conflit armé aurait pu être considéré comme inévitable, le chef de l’Etat camerounais a créé et entretenu un environnement de fraternisation voué à faire triompher l’intérêt général au niveau national et sous-régional. Chacun peut deviner les effets dévastateurs qu’aurait pu avoir un conflit armé entre les deux pays phares de la région du Golfe de Guinée. Les populations auraient été les premières victimes désignées, et tous les autres secteurs de la vie quotidienne en auraient été affectés. Le président Paul BIYA s’est investi dans la résolution de ce conflit, dans tous les aspects ayant pu conduire à une crispation des positions de l’une ou l’autre partie. Genève, Saint-Cloud, Greentree, autant de localités désormais inscrites dans la mémoire et dans l’histoire du Nigeria et du Cameroun, pour avoir abrité au moins une fois chacune les célèbres sommets tripartites entre Paul BIYA, OLUSEGUN OBASANJO et KOFI ANNAN, alors Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies. A des moments où les observateurs, même les plus avertis, croyaient devoir prophétiser une impasse, du fait des rebondissements ayant pu intervenir dans la préhension de cette affaire, en général du côté nigérian, le président Paul BIYA a su trouver la clé nécessaire pour débloquer la situation, toujours à la satisfaction de la communauté internationale. L’affaire Bakassi restera inscrite dans les mémoires comme un modèle de résolution pacifique d’un conflit, et devrait, de ce fait, servir d’exemple à l’Afrique, voire à l’humanité toute entière.
dossier
XXIIème JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
CONDITION FEMININE AU CAMEROUN
PROMESSES TENUES
C’était le 5 octobre 2004… Sur la place éclaboussée de soleil, l’attention était à son summum. Monatélé, chef-lieu du département de la Lékié, province du Centre, cuisait sous la chaleur d’une matinée de saison sèche qui n’avait pu avoir raison de l’affluence et de l’organisation. Les personnes présentes, tout comme les attitudes, étaient chargées de cette attente particulière aux grands tournants. Chacun sentait, savait que tout était différent : le candidat, le discours et les conséquences. Et alors que la foule en délire ponctuait de clameurs et d’applaudissements les propos du Président de la République en campagne pour la présidentielle de 2004, la ville de Monatélé et les témoins de l’histoire recueillaient chaque mot, chaque geste pour pouvoir dire, plus tard : j’y étais. Ce lancement de la campagne du candidat Paul Biya était soutenu par une profession de foi en 5 axes, développée sur un dépliant de quatre pages. Le 3ème des 5 axes, « nous allons construire une société plus juste et plus solidaire », situé en page 3 de cette profession de foi, contenait le projet qui concerne les femmes camerounaises : « l’amélioration de la condition féminine, et en particulier une meilleure représentation de la femme dans nos institutions et notre administration, resteront au 1er plan de nos préoccupations ».
La condition de la femme, l’un des grands défis de l’action de Paul Biya s’est confirmée comme une priorité.
L’annuaire statistique sur la situation de la femme au Cameroun, , publication du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille publie quelques données : la population camerounaise est estimée en 2001 à 15 472 557, dont 7 895 653 femmes, soit 51% de la population. La population rurale du Cameroun est estimée quant à elle à 65,2% avec 52% de femmes. Douala et Yaoundé concentrent 62% de la population urbaine du pays, et plus de 50% de cette population est constituée de femmes. Les femmes sont plus nombreuses à être chefs de familles monoparentales (60,6%).
Dans la répartition des unités administratives du pays (10 provinces, 58 départements, 268 arrondissements, 54 districts), elles se retrouvent à divers niveaux, que nous limiterons à quelques chiffres :
Ratio d’alphabétisation des femmes de plus de 15 ans en 2001 :92,5% à Yaoundé urbain, 90,5% à Douala urbain, 67,9% pour l’ensemble des provinces du pays. Accès à la propriété des femmes en 2001 : 61,4% de chef de ménage féminin contre 63,5% des chefs de ménage masculin sont propriétaires, mais dans cette strate il faut distinguer seulement 12,3% de femmes et 9,7% d’hommes qui ont un titre foncier, ce qui fait donc 53,8% d’hommes et 49,1% de femmes propriétaires sans titre foncier.
L’amélioration de la condition féminine, depuis le démarrage du projet des « Grandes Ambitions », se réalise dans deux directions :
EN GENERAL
La femme camerounaise bénéficie de toutes les mesures qui concernent l’ensemble de la population ; il s’agit, dans la profession de foi du candidat Paul Biya :
- De la modernisation de notre démocratie
- d’un nouvel élan à notre économie
- de la construction d’une société plus juste et plus solidaire
- du maintien de la paix et de la sécurité
- de la valorisation de l’image du Cameroun à l’extérieur
EN PARTICULIER
C’est une dimension spécifique et affirmée, qui consiste en actions précisément dirigées vers la femme. De l’éducation et la formation à la prise de décision, en passant par la création de la richesse,la prise en compte des secteurs et des catégories d’un genre particulier ou l’amélioration de la santé, les actes et les chiffres parlent d’eux-mêmes. De la représentation de la femme dans nos institutions à cette même représentation de la femme dans nos administrations en passant par plusieurs secteurs de la vie nationale, les projets sont nombreux, et les réalisations également. Un panorama complet ne saurait tenir dans les dimensions du présent espace d’expression. D’où le choix de réalisations parlantes et significatives, dans quelques domaines et secteurs.
I - REPRESENTATION DES FEMMES DANS NOS
INSTITUTIONS ET ADMINISTRATIONS
A L’ASSEMBLEE NATIONALE ET DANS LES MAIRIES
La situation actuelle, remarquablement brossée en avril 2004 par le Ministère de la Condition Féminine est la suivante : 52 femmes élues dans les municipalités pour 308 hommes, et 19 femmes députées pour 161 hommes. Les exécutifs municipaux parlent également d’eux même : 3% de maires femmes soit10 pour 327 hommes, 10,7% de 1ers adjoints au maire femmes soit 36 pour 301 hommes, 23,7% de 2è adjoints au maire femmes soit 80 femmes pour 257 hommes, 15,7% de femmes 3è adjoint soit 11 femmes pour 59 hommes, 50% de femmes 4è adjoint soit 1 femme pour 1 homme. Une situation dont l’amélioration est incontournable, ainsi que l’a fait comprendre le Président de la République. A moins d’un an des élections législatives de 2007, l’interpellation du Chef de l’Etat s’adresse à l’ensemble de la société. Les appareils politiques doivent permettre qu’il y aie davantage de candidatures féminines, les femmes doivent s’investir avec plus de détermination et de sérieux dans l’arène politique, l’ensemble du corps social doit faire montre de plus d’ouverture d’esprit. Déjà, des campagnes sont actuellement menées par plusieurs ONG et associations du Cameroun pour qu’il y ait de 50 à 100 femmes maires et de 25 à 50 femmes parlementaires après les élections législatives de 2007. Un soutien systématique aux femmes parlementaires et maires actuelles est ainsi envisagé.
DANS LE GOUVERNEMENT
Le gouvernement du 8 décembre 2004, réaménagé le 22 septembre 2006 n’a pas touché aux acquis féminins. 4 femmes sont des ministres, 2 femmes sont Secrétaires d’Etat, et depuis leur nomination, elles ont mené de nombreuses actions en faveur des femmes.
DANS L’ADMINISTRATION
UNE PREMIERE DANS LE COMMANDEMENT
Pour la première fois au Cameroun, des femmes sont nommées sous-préfet : MBO MEYE Claudine, épouse MBARGA OWONO à Mfou dans le département de la Mefou et Afamba, province du Centre, et OMBGA Catherine, épouse ZINGA MBASSI, à Mengong, département de la Mvila, province du Sud. Elles sont toutes les deux des administrateurs civils principaux. Le décret présidentiel signé le 17 juillet 2006 par Paul Biya porte les références 2006/231. Le verrou du commandement saute enfin, par la volonté du Chef de l’Etat qui donne une fois de plus corps à ses promesses de campagne.
LES SECRETAIRES GENERAUX
On le sait, la coordination des ministères, après les ministres, revient aux secrétaires généraux. Tourisme, PME, Contrôle Supérieur de l’Etat, Emploi et Formation Professionnelle, Elevage et pêche ont comme SG des femmes, soit 5. La nouvelle donne arrêtée par le Chef de l’Etat voudrait que le carré se transforme en une autre figure géométrique. Pour ceux qui croient aux rêves, il pourrait même devenir parallélépipède…
LES FORCES DE L’ORDRE
La police camerounaise compte un directeur femme, des directeurs adjoints et plusieurs sous-directeurs. La gendarmerie et l’armée alignent quelques femmes colonels, plusieurs commandants et de nombreux capitaines.
LES AUTRES STRUCTURES TECHNIQUES DES MINISTERES
Le réseau Cameroon Women Managers Network a réalisé en août 2006 une étude sur la représentation des femmes dans quelques ministères du Cameroun et sociétés parapubliques. Selon les résultats de ladite étude, Le Ministère de la Santé affiche 1 Inspecteur Général des Services (rang de Secrétaire Général), 1Directeur, 1Conseiller Technique et 1 Chef de Division (rang de directeur), soit 4 hauts responsables femmes. Le Ministère des Relations Extérieures présente 2 femmes Directeurs. Le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature affiche 1 Conseiller Technique et 1 Directeur. Le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation compte 1 Conseiller Technique et 1 Directeur. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille affiche 2 Inspecteurs Généraux, 1 Inspecteur et 2 Directeurs…Plusieurs de ces nominations sont postérieures à la réélection du Président de la République à la Magistrature Suprême.
DANS LES SOCIETES PARAPUBLIQUES
4 femmes sont des Directeurs Généraux, et 4 sont des Directeurs Généraux Adjoints.
DANS LES INSTITUTIONS
A l’Assemblée Nationale, l’un des Vice-présidents est une femme.
A la vice-présidence de l’ONEL, l’Observatoire National des Elections se trouve une femme.
L’Adjoint du Coordonnateur du PNG, le Programme National de Gouvernance, est une femme.
II - AMELIORATION DE LA CONDITION FEMININE
Le rôle du Ministère de la Promotion de la femme et de la famille
Ce département qui comptait 708 personnels en décembre 2004 (annuaire statistique sur la situation de la femme au Cameroun, Minproff, décembre 2004) encadre les groupes à travers ces équipes et grâce à un centre de technologies appropriées à Maroua, et 35 centres de promotion de la femme dans 9 provinces du pays. Seule la province de l’Adamaoua ne dispose pas encore d’un centre de promotion de la femme, mais 4 y sont actuellement en construction. Les réseaux et associations de promotion féminine, structures indépendantes et autonomes assurent le relais sur le terrain. L’on dénombrait en septembre 2004 249 réseaux et 10 784 associations, concernant 263 725 femmes.
Sous l’égide du Minproff et avec le soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux, plusieurs actions ont été conduites :
Renforcement du pouvoir économique de la femme :
En 2004, 580 millions de crédit ont été octroyés à des femmes de la province de l’Extrême- Nord dans le cadre du projet Prépafen.
8 millions de francs d’aide ont été distribués à des femmes nécessiteuses.
170 millions de francs du programme genre du PNUD ont financé 238 micro projets de femmes dans les provinces de l’Adamaoua (86), du Littoral (27), du Nord-Ouest (71), et de l’Ouest (54).
Capacités techniques, matérielles et managériales des femmes :
3 journées d’échanges ont été organisées avec 500 revendeuses des marchés (200 à Yaoundé, 150 à Mbalmayo et 150 à Kumba pour déterminer leurs problèmes.
60 femmes de Yaoundé ont été formées sur les techniques de gestion de micro projets générateurs de revenus et les relations avec l’environnement fiscal et réglementaire.
Le projet PREPAFEN précité a formé 70 femmes de l’Extrême Nord en techniques d’élevage avicole et petits ruminants, organisé un atelier d’échanges en agro alimentaire regroupant 35 femmes, construit 27 puits, 13 forages, 56 magasins de stockage et 13 hangars de marché.
Des appuis matériels de 50 millions de francs ont profité à des groupes de femmes des 10 provinces afin de réduire la pénibilité de leurs travaux.
Le programme genre du PNUD précité a renforcé les capacités techniques et managériales de 200 femmes (75 dans le Nord-Ouest, 75 dans l’Adamaoua et à 50 L’Ouest).
En 2005 et 2006, plusieurs de ces activités ont été poursuivies ou évaluées, des séminaires interprovinciaux de formation de masse se sont déroulés dans les provinces, d’autres projets portant renforcement de toutes ces capacités ont également vu le jour et sont en cours d’exécution. Ils seront publiés dans le prochain annuaire statistique sur la situation de la femme au Cameroun.
Réalisation de projets dans le cadre de la lutte contre la pauvreté :
Le micro projets productifs en faveur des femmes (MPPFCAM) ont réalisé une étude de l’impact socio économique et tenu un séminaire de validation des résultats de l’étude. L’appui à l’intégration des femmes dans la micro entreprise a appuyé en matériel des groupes de femmes des 10 provinces pour 50 millions de FCFA.
Programme global pour l’avancement des femmes et l’égalité des genres :
77 453 610F ont profité à 120 micro projets de femmes de l’Adamaoua (48), du Nord Ouest (42), et de l’Ouest (30).
50 agents encadreurs de promotrices d’agriculture ont été formés.
Promotion de l’égalité des genres entre les sexes :
120 leaders d’associations féminines du Centre, du Sud et de l’Est ont été formés en animation de groupes, montage et gestion des associations de développement communautaire.
14 leaders de la province du Centre ont opéré une restitution à 283 membres de leurs groupes répartis à Nanga Eboko (85), Elessugué par Saa (65), Eséka (35), Makak (33), Mfou (20), Bafia (25) et Yaoundé Kondengui (20).
Construction, aménagement et équipement des centres de promotion de la femme :
1 CPF a été inauguré à Foumban, 6 seront bientôt achevés, 4 sont en construction dans l’Adamaoua, 2 le sont également dans le Nord et 2 dans l’Extrême Nord, 23 ont été aménagés et 27 ont été équipés.
Pour 2005 et 2006, des titres de propriété sont en cours d’obtention et un plan type de construction de halte garderie n’attend que les financements pour entrer dans la phase de construction. Ce mois de décembre 2006 prévoit une formation à Monatélé des personnels du Minproff et de ses partenaires en approche genre (5 002 250F).
Santé :
Le Ministère de la Promotion de la femme et de la Famille a conduit plusieurs programmes dans le cadre de la lutte contre le VIH sida : pour la sensibilisation, 600 bayam sellam (revendeuses) des marchés de Yaoundé et Mbalmayo, 100 personnels des services centraux, 10 000 femmes, 1500 jeunes filles des centres de promotion de la femme, 350 associations féminines, 100 adolescentes à Bertoua, 200 femmes du réseau des associations féminines de Baleng, 500 femmes rurales dans les localités périphériques de Yaoundé (Ngoumou, Monatélé, Eséka, Mbankomo…), et 100 associations féminines sur les axes frontaliers (32 associations de la direction Gabon et Guinée Equatoriale, 32 associations de la direction Centrafrique Congo, et 36 associations de la direction Tchad et Nigéria ont été sensibilisées sur les dangers du sida et les risques aux frontières.
600 personnes vivant avec le VIH ont reçu des appuis multiformes (argent, médicaments, nutrition, montage de projets générateurs de revenus…
III - Eclairage sur l’Education de Base :
Des mesures générales ont contribué depuis plusieurs années à faciliter l’accès du plus grand nombre à l’éducation. La suppression des frais d’écolage, le paquet minimum pour les écoles, la politique du manuel scolaire, l’allocation de frais de fonctionnement aux écoles, l’initiative écoles amies des enfants amies des filles en coopération avec l’Unicef, l’appui à l’approche d’éducation non formelle, le plan national d’action EPT, Education Pour Tous, avec son objectif n°5 : actions concrètes en faveur de l’éducation des filles, la recommandation de Ticad III pour la destination de 50% du budget de l’éducation hors salaire à l’éducation de base figurent parmi les plus en vue. En dehors de cela,
Le Ministère de l’Education de Base est au cœur de plusieurs projets qui valorisent l’éducation de la fillette, femme de demain. A titre d’exemple, le paquet minimum va être revalorisé en 2007. Le Document de la Stratégie d’Accélération de la Scolarisation des Filles au Cameroun, publié le 19 avril 2004, a été révisé à la lumière des orientations données par le Chef de l’Etat, et à la suite de la prestation de serment du 4 novembre 2004.
Le programme éducation de base, qui se penche sur la santé, l’éducation, l’égalité et la protection pour chaque enfant, a obtenu en 2006 un taux de scolarisation supérieur à la moyenne prévue dans le primaire. Les indicateurs clés relevés dans le fichier actualisé du Ministère de l’Education de Base laissent apparaître les chiffres suivants en la matière : taux de scolarisation en maternelle 16,5%, primaire 100,14%, taux d’achèvement du cycle 56%.
Derrière ces données, une campagne énergique est menée pour la réduction de la déperdition scolaire des filles au cycle primaire, la valorisation des ressources féminines à travers le renforcement de la situation des filles à l’école et la prise en compte du genre dans le recrutement des enseignants vacataires. Tous ces efforts ont permis à la fin de l’année 2006 d’obtenir un taux d’achèvement du primaire de 53,9% pour les filles et de 65,4% pour les garçons.
Une autre augmentation à relever, c’est celle des taux nets de fréquentation 2006 : 77% pour les filles, 82% pour les garçons au cycle primaire, 37,1% pour les filles au secondaire et 38,1% pour les garçons.
A l’actif des progrès réalisés en un an pour l’amélioration de la condition de la fillette et de la jeune fille, de2005 à 2006, l’on peut compter la mise en route de l’EPT, l’assouplissement de la réglementation sur l’âge de redoublement des filles pour cause de congé de maternité, les campagnes de sensibilisation des parents dans les zones où les disparités régionales sont les plus grandes (exemples) avec l’implication des autorités traditionnelles. Les stratégies d’accélération prévues dès la fin de l’an 2006 sont les suivantes : éducation parentale sur la scolarisation des filles et la problématique genre, valorisation des modèles de réussite, sensibilisation contre les mariages précoces (12% des filles continuent à être mariées avant 15ans avec un pic de 31% dans l’Extrême Nord), création de comités villageois de suivi de pré scolarisation et de protection des filles à l’école, appui aux activités génératrices de revenus à travers les coopératives féminines, bourses scolaires aux filles pour ne citer que ces mesures.
IV - Les femmes dans l’agriculture, l’élevage et la pêche :
Le Cameroun et la FAO mènent une coopération multiforme qui a profité à la femme pour la période 2005-2006. Dans les projets financés sur fonds fiduciaires pour un total de 1 514 170 000CFA distinguons l’usine de transformation de manioc de Pouma, dans le Nyong et Kellé a été relancée, permettant à de nombreuses agricultrices d’intensifier la culture du manioc, car elles ont un débouché assuré à travers l’achat de leur production. Des communautés ont été mobilisées pour un changement de comportement en santé de reproduction, et un appui a été apporté au programme spécial de sécurité alimentaire.
Des projets clôturés ont des effets bénéfiques induits dont les femmes ont commencé à profiter, et qui se sont démultipliés en 2005-2006 : l’appui à la multiplication et à la diffusion de semences améliorées et saines de riz, la formation des agricultrices en gestion intégrée de production et de protection du niébé, la gestion durable des produits forestiers non ligneux.
Les projets Téléfood, 47 au total, qui redistribuent les fonds engrangés au cours d’une soirée à des petits projets en sont à 106 833 740F, dans lesquels les femmes ont bénéficié de pêcheries en petits plans d’eau, de soutien à la riziculture, de production intensive et transformation du manioc, d’intensification des cultures maraîchères à Zoamin, d’élevages de porcs dans le Sud-Ouest, de développement de fermes avicoles dans le centre à Badjop dans le Nyong et Kellé, d’élevage d’escargots, de production de semences de maïs dans 3provinces, de culture de gingembre et de production d’arachides.
L’année 2006 prévoit de financer des micros jardins scolaires dans l’Extrême Nord, le Nord et le Littoral, de la production de vivriers dans le Nord Ouest pour des veuves et des enfants abandonnés, un élevage de poulets de chair et la valorisation des noyaux de mangues sauvages utilisées en cuisine.
V - Les organismes de financement
L’OFRDPC, l’Organisation des Femmes du Parti du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a organisé le 4 novembre 2006 une journée conseil à l’intention des militantes de son parti et des populations intéressées autour du thème : la contribution de la militante de l’OFRDPC à la réalisation du projet des Grandes Ambitions. C’était dans le cadre du XXIVè anniversaire de l’accession du Président de la République à la Magistrature Suprême, avec un accent mis sur la lutte contre la pauvreté. Plusieurs exposants ont mis leurs compétences au service du public dans les domaines de la création, du financement et de l’évaluation d’activités génératrices de revenus. Les organisations de financement présentes ont rencontré un grand succès et se sont fait connaître. Voici quelques unes des actions conduites en faveur des femmes camerounaises entre 2004 et 2006 :
- ACEP Cameroun a financé dès 2005 plus de 4 milliards de crédit dont un tiers aux femmes, à des conditions simples, rapides, à 1,33% d’intérêt par mois et sans qu’il soit besoin d’épargner d’abord. Le meilleur taux de remboursement est celui des femmes, 97%.
Le projet Crédit Rural Décentralisé du MINADER, le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, qui avec 400 millions de francs subventionne l’agriculture soit à travers les caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées, soit à travers 19 établissements de micro finance présents dans 3 provinces du pays, a permis la création de 112 caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées dans les provinces du Centre et du Grand Nord. Les résultats sont élogieux : 50 000 clients dont 30% de femmes, 1,17 milliard d’épargne mobilisée par les femmes, 1,31 milliards de crédits accordés aux femmes sur 6,9 milliards d’épargne totale mobilisée. L’engouement laisse croire que ces résultas vont grandement s’améliorer dans les jours à venir.
VI - La vitalité des associations
et ONG de Promotion de la Femme
Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la famille identifie 259 réseaux regroupant plusieurs associations féminines : fédérations, regroupements, collectifs, ces réseaux agissent dans tous les secteurs. Quelques actions prises au hasard : le COFEC, le Collectif des Organisations de Promotion des Femmes au Cameroun, créé en 2004, et dans lequel l’on retrouve le CERAC, le Cercle des Amis du Cameroun, Association fondée par la Première Dame mène pour 2006 des activités multiples. Grâce à un financement de l’ACBF (African Capacity Building Foundation), une ONG africaine, a permis la mise en place du projet CAREF. 257 millions de FCFA pour la période novembre –décembre 2006. En formation, formation des leaders de groupes communautaires et des représentants des étudiants et des élèves de la province de l’Ouest à Bafoussam (CERAC, 5 649 600F), une formation de femmes à la gestion des ONG et associations à Bafia (CEFEPROD, 1 256 750F), formation en éducation à la sexualité à Ombessa et Yaoundé (FESADE, 3 385 998F) réalisation de micro projets (AFP, 3 290 000F), portail commercial pour la femme africaine, (AFIC, 3 000 250F) suivi médiatique et conservation des données, (APAC, 1 500 000F), un voyage d’études à la FAO en Italie, (ACAFIA, 3 205 098F), formations et séminaires (ALVF, 1 044 285F). Comme ce réseau, de nombreux autres mènent des actions individuelles et collectives dont l’énumération prendrait plusieurs tomes. Cela permet d’imaginer le nombre de projets et leurs bénéficiaires… Un véritable maillage qui de plus en plus, s’étend sur la totalité du pays.
VII - L’ACTION PARTICULIERE
DE LA PREMIERE DAME DU CAMEROUN
La Fondation Chantal BIYA, le Cercle des Amis du Cameroun, l’ONG Panafricaine Synergies Africaines Contre le Sida et les Souffrances sont trois structures fondées par la Première Dame, Epouse du Président de la République, Madame Chantal Biya. Un énorme travail est abattu quotidiennement par ces organisations sur le plan national et international dans tous les domaines énumérés dans ce texte, et bien d’autres. La Dame de Cœur, aux côtés de son Illustre Epoux, apporte la pierre d’angle qui ajoute la touche particulière qui vient couronner un travail qui appelle l’engagement de toute la nation.