|
|
| GRANDS
INDICATEURS ÉCONOMIQUES |
| poste |
1996/97 |
1997/98 |
1998/99 |
1999/00 |
2000/01 |
2002 |
| PIB
(milliards de f CFA) |
5098 |
5435 |
5709 |
6312,3 |
6915 |
nc |
| PIB
non pétrolier(milliards de f CFA) |
4680 |
5070 |
5449 |
5785,4 |
6280,9 |
6875 |
| Taux
de croissance (%) |
5,1 |
5 |
4,4 |
-6,5 |
0,6 |
nc |
| Dont
secteur non pétrolier |
5,3 |
5 |
4,4 |
4,8 |
5,4 |
4,5 |
| Taux
d'inflation (%) |
4,1 |
3,9 |
3,1 |
0,8 |
2,8 |
nc |
| Taux
d'investissemet (% du PIB, hors secteur informel) |
17,8 |
18,9 |
19,7 |
19,8 |
23,2 |
nc |
| Taux
d'épargne intérieur (%) du PIB |
22,5 |
20,7 |
20,2 |
24,3 |
25,1 |
nc |
| Dépenses
budgétaires (%) du PIB |
15,8 |
16,3 |
16,6 |
13,9 |
15,9 |
nc |
| Solde
budg. de base, dons inclus (%) du PIB |
-1,2 |
-0,7 |
-1,9 |
3,4 |
3,6 |
2,1 |
| Exportations
(% du PIB) |
25 |
25,3 |
22,3 |
26 |
26,5 |
nc |
| Importations
(% du PIB) |
20,3 |
23,5 |
21,8 |
21,6 |
24,7 |
nc |
| Solde
du compte courant (% du PIB) |
-1,3 |
-3,7 |
-4,4 |
1,8 |
-1,7 |
-7,2 |
| Dette
extérieure (%du PIB) |
83,7 |
83 |
81,9 |
76,2 |
70,7 |
nc |
(Source
:Gouvernement camerounais et BEAC)
| La longévité
politique n'empêche par ailleurs pas d'évoluer. le poste de Premier ministre a
été rétabli en 1991 (responsabilité du gouvernement devant le parlement) et,
en 1996, une importante révision constitutionnelle crée le Sénat, le Conseil
constitutionnel et les prémices de la régionalisation. A l'occasion des
élections, le personnel au pouvoir est renouvelé, rajeuni. De nombreux jeunes
diplômés grimpent dans la hiérarchie administrative, entrent dans les cabinet
ministériels. Ils apportent un regard neuf sur le maintien de la paix tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières, premiers gages e ce que l'on
appellera plus tard la "bonne gouvernance". |
|
GRANDS
INDICATEURS SOCIAUX |
| population (millions
d'habitant) |
15,2 |
| PIB/habitant ( dollars,
hors secteur informel) |
550 |
| Taux annuel de
croissance démographique (%) |
2,3 |
| Population urbaine (%) |
50 |
| Espérance de vie (âge
moyen) |
50 |
| population ayant accès
à un point d'eau aménagé (%) |
62 |
| Population analphabète
(%) |
23 |
(source
: banque mondiale ;
année
de référence 2001)
|
Haut
de page

Une réelle politique de
voisinage
A l'intérieur, de subtils
équilibre socio-politiques avaient permis, au début des années 1960, de
calmer les ardeurs centrifuges. Paul Biya avait ouvert le jeu dès son arrivée
au pouvoir en 1982, au point qu'aujourd'hui, ces équilibres ne représentent
plus rien. Tout le monde peut prétendre à tous les emplois et peut exercer
toute activité de son choix. le contentement des citoyens repose beaucoup plus
classiquement sur une juste répartition des deniers de l'État à laquelle
veille le Président.
A l'extérieur, le régime a
d'abord cherché à se rapprocher des ses voisins, notamment au sen de la
communauté des États d'Afrique Centrale dont il est l'un des plus ardents
promoteurs. En 1999, les six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo,
Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad) créent la Communauté Économique et
Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) sur le modèle de la Communauté Économique
et Monétaire de l'Afrique de l'Ouest. Ils s'engagent à faire converger leurs
politiques, notamment dans les domaines de l'économie et de la justice. chaque
fois que cela a été possible, le Cameron a en outre signé des accords bilatéraux
de bon voisinage avec ses voisin, tel un pacte de non agression avec la Guinée Équatoriale,
ou différents accords consulaires facilitant les conditions d'entrée et de
séjour des étrangers. Le pays a cherché à équilibrer ses relations avec les
grands ensembles mondiaux, n'adhérant par exemple à la francophonie après
s'être assuré de ne pas, ce faisant, heurter la sensibilité de sa
minorité anglophone. Il entretient en contrepartie des relations privilégiées
avec le Commonwealth et ses membres de la conférence islamique internationale (OCI)
bien que le pluralisme règne au Cameroun aussi en matière religieuse. Il
était alors naturel que le président de la République ait refusé
l'affrontement avec le Nigeria dans sa dispute sur l'île de Bakassi et calmé
le jeu après que la Cour de justice internationale ait donné raison a
Cameroun en matière de souveraineté sur la région. Avec un courage certain
d'ailleurs, l'opinion publique camerounaise n'étant pas moins échaudée que
son homologue nigériane.
Haut
de page

la décentralisation relancée
la paix est toutefois un
acquis et le Cameroun se lance aujourd'hui dans d'autres voies de la bonne
gouvernance. En matière politique, c'est la relance de la décentralisation,
inscrite dans la révision constitutionnelle de 1996. Comme à son habitude, le
pays procèdera prudemment pour atteindre des objectifs d'une très hautes
ambitions : n'est-il, en effet, pas prévu de transfert concomitant de
compétences et de ressources financières allant bien au-delà de ce
qu'un pays comme la France elle-même a réalisé ? La réforme devrait
s'appuyer sur deux principales collectivités locales, les dix régions créées
en 1996 sur les frontières des anciennes provinces, et les communes. L'exacte
étendue de la décentralisation, les gardes-fous, la tutelle de l'État, la
responsabilité des élus locaux, toutes ces questions et bien d'autres encore
restent à finaliser. Des options semblent devoir s'imposer tel le choix non de
court mais de chambres régionales des comptes et un pouvoir juridictionnel, à
l'image de ce qui a déjà été décidé au niveau national. D'autres sont bien
plus difficiles à arrêter, notamment en matière de rapports entre autorités
nationales de tutelles et pouvoirs décentralisés ou encore en matière
de coordination au niveau national de politique décidé localement.
la réforme doit aussi
veiller à ne pas contrarier une autre action d'envergure lancée ces dernières
années, celle de la lutte anti-corruption, qui a permis au Cameroun de
décoller de la queue des classements internationaux, dont celui de transparency
international. Cette lutte prend, au Cameroun, un aspect multiforme : la
recherche et la répression bien entendu des cas graves de corruption. Des
ministres ont ainsi été poursuivis et condamnés sur ce chef d'accusation.
Mais, comme le disent les officiers : "on ne va pas mettre un policier
derrière chaque citoyen et un gendarme derrière chaque policier ! " Les
procédures d'appel d'offres public ont donc été reformées, leur organisme
central assaini. Concernant la petite corruption au quotidien, c'est au secteur
informel que l'État c'est attaqué. D'abord en protégeant ses petits opérateurs
contre les excès du circuit jadis difficile de la microfinance. Puis en
incitant, plus qu'en contraignant, les même opérateurs à se déclarer et à
payer des charges fiscales et sociales légères au lieu de multiplier des
dessous de tables au final plus pesants.
Haut
de page

Les grands travaux en cours
Énergie,
communication, pétrole, logement, tels sont les priorités du Cameroun en
matière d'infrastructures. Citons en premiers, parce qu'il est en voie
d'achèvement le pipeline et le terminal pétrolier de Kribi qui vont permettre,
dès le début de l'an prochain d'évacuer jusqu'à 250.000 barils/jour de
pétrole du sous-sol tchadien. L'installation, enterrée, aura plus de 1000km de
long, dont près de 900 au Cameroun. L'énergie, c'est essentiellement
l'électricité. La compagnie nationale a été privatisée, le repreneur
américain (AES) n'ayant plus les moyens, semble-t-il, d'effectuer les
investissements nécessaires. C'est l'État qui les lance donc, notamment
plusieurs barrages hydro-électriques et la construction, non loin de Douala,
d'une centrale à gaz. En attendant AES procède à des délestages. Les
communications concernent essentiellement les routes sous-régionales dont
dépend étroitement le florissant commerce du Cameroun avec les pays voisins.
En 2010, Yaoundé devrait être relié par des routes bitumées à Abuja au
Nigeria, et à N'Djaména au Tchad, à Bangui en République Centrafricaine, à
Bata en Guinée Équatoriale et à Libreville au Gabon. Le chemin de fer entre
Douala et Ngaoundéré a quant à lui été privatisé, une reprise du transport
de fret entre le port du Cameroun, Douala, et l'intérieur du pays étant déjà
perceptible. On programme de 10 000 logements/an a enfin été lancé voici
quelques années dans un pays où l'exode rural est assez rapide et où un
déficit de logements existe dont dans les villes.
Des mesures propres à des
secteurs "criminogènes" ont enfin été prise, telles celles
arrêtées avec l'aide de la Banque Mondiale en matière de gestion des
ressources forestières : ouverture de l'exploitation primaire à un grand
nombre d'intervenants, interdiction progressive d'exportation des grumes et mise
en place des procédure judiciaires doivent contribuer aussi à diminuer la
fraude -et donc la corruption- dans le secteur. A noter d'ailleurs qu'en
dépit d'un manque cruel de contrôleur, les responsables forestiers du pays ont
été à même, la réforme appliquée, de juger de l'existence de fraudes à
partir de documents d'exploitations...
Dans le même esprit, la
rationalisation des procédures budgétaires a été entreprise avec l'aide,
toujours, de la Banque Mondiale. Bien que des critiques aient été émises sur
la rapidité de mise en oeuvre de cette réforme, celle-ci est bien avancée
avec le choix, notamment -on l'a vu- de la création non d'une cour des comptes
à l'image de celle qui existe en France et qui aurait dépendu du pouvoir
administratif. Mais d'une chambre des comptes rattachée à la cours suprême et
disposant de pouvoirs judiciaires. A noter qu'une partie des critiques émises
concernait, justement, le statut de cette chambre dont les observateurs
occidentaux n'avaient pas saisi l'importance au départ.
Cette réforme complètera
celle que le Cameroun a entreprise voici plusieurs années déjà dans le
domaine judiciaire. Le pays a notamment adhéré au traité relatif à
l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) dont il héberge le
siège. Parallèlement, Yaoundé signait des accords de garantie des
investissements avec plusieurs pays bailleurs de fonds et, voici cinq ans,
devenait membre à part entière de l'Agence multinationale de garantie des
investissements. Un effort intense de formation était par ailleurs entrepris
avec l'intégration d'une filière de magistrats au sein de l'école de
formation des élites administratives du pays.
Plus généralement, c'est
réformes s'inscrivent dans le cadre de l'initiative de réduction de la dette
des pays pauvres les plus endettés à laquelle le Cameroun a été déclaré
éligible en octobre 2000. Trois conditions ont été fixées avant ne soit
déclenchée l'annulation de la dette :
- L'achèvement d'un programme d'action sur
trois ans mené en coopération avec le FMI. Deux ans se sont écoulés et il
reste une année encore de stabilisation économique à assurer ;
- La mise au point de l'acceptation d'une
stratégie de réduction de la pauvreté. Un document provisoire a été soumis
aux élus en 2001, aboutissant à la publication du document définitif en
décembre 2002. Les dernières réactions des organismes de Washington et des
créanciers ont été reçues le 25 janvier 2003. Elles sont on ne peut plus
élogieuses puisque le document camerounais pourrait servir de modèle aux
autres pays éligibles ;
- L'achèvement de plusieurs réformes,
étape appelée des "points d'achèvements". C'est dans ce cadre
qu'on retrouve les actions indiquées en supra, plus les privatisations et
l'amélioration de l'information sur les activités de l'État.
Et, contrairement à ce qui
a pu être écrit ici et là, le Cameroun tient ces objectifs : en 2004, une
part importante de la dette extérieure camerounaise devrait être annulée,
impulsant au pays un très important coup de fouet économique.
Haut
de page

Les privatisations : pas de
retard
"Nous avons des problèmes avec le
repreneur de la société d'électricité, les Français ne se décident pas à
reprendre l'eau, personne n'a les moyens de reprendre la téléphone, c'est vrai
qu'il nous faut plus de temps que prévu pour terminer nos privatisations".
A la Présidence de la République du Cameroun, on reste toute fois serein :
"Tout sera terminé comme prévu en 2004." Tout c'est à dire, outre
l'eau et le téléphone fixe, le gros de la CDC (Cameroon Development
Corporation) Ainsi que le port de Douala, au sein duquel, préalablement, des
réformes doivent être achevées. Pas de quoi crier "au loup !
" En fait. Car le pays en a fait déjà beaucoup : Les banques, les
assurances, le chemin de fer, la société sucrière, les palmeraies, la
téléphonie mobile, l'acconage et la manutention... Le gouvernement a cependant
la réputation d'être coriace en négociation. En témoignent les manœuvres
autour de la CDC, le bananiers ayant refusé la vente par appartement, plus
lucrative pour l'État qui a tenu bon et vendu déjà séparément la filière
thé.
Haut
de page

Labourages
et pâturages
"Quel dommage que les paysans n'aient pas
su se liguer pour produire comme il l'on fait pour vendre ! " Ce haut
fonctionnaire agricole camerounais évoque la situation des cultures
d'exportations : en s'associant au sein des coopératives, les planteurs ont pu
se passer des intermédiaires. Aujourd'hui, ils perçoivent environ 70% de la
valeur FOB de leurs productions et continuent ainsi à pouvoir gagner de
l'argent avec la café alors que, partout ailleurs dans le monde les petits
producteurs souffrent des bas prix mondiaux et réduisent leurs efforts. Avec le
cacao, les pays camerounais ont " touché le jackpot " explique
le haut fonctionnaire. Mais ils sont trop petit pour monter rapidement en
production, ils leur faudrait passer également par des groupements en ce
domaine.
Il y arriveront.
L'agriculture est le fer de lance de l'économie du pays, employant les deux
tiers des actifs, contribuant à la réalisation du cinquième du PIB national,
constituant près de 40% des recettes d'exportation... C'est aussi le domaine le
plus dynamique, qui a su, en très peu de temps, doubler ses traditionnelles
cultures de rente d'une formidable production vivrière exportée dans toute la
sous-région, voire même bien au-delà. Les oignons du Cameroun se retrouvent
jusqu'à Dakar, ses fruits et légumes sur tous les étals de "circuits
black" européens...
Les pieds à plat sur
une terre généreuse, des centaines de milliers de famille ont su profiter en
fait de la "conjoncture", comme au disait au lendemain de la crise
qui secoua le continent entier vers la fin des années 1980. Hors quelques
produits nécessairement au main d'entreprises de grande taille comme le thé,
avant sa privatisation au sein du groupe public CDC, ou la banane au sein du
même groupe mais aussi de la française Compagnie fruitière et de
l'américaine Delmonte, les paysans ont pris le pouvoir commercial et géré
leurs parcelles au mieux de leurs intérêts. On a vu ce qu'il en était du
café et du cacao, il faut savoir qu'ils ont continué à cultiver la noix de
palme mais pour les marchés africains (l'huile rouge non raffinée utilisé
dans la gastronomie africaine) et qu'ils ont attaqué le marché des épiciers
africains installés en Europe avec leurs ananas, mangues, et autres papayes,
sans compter les céréales et tubercules ancestrales qui, là-bas, continuent
à plaire.
Haut
de page

Les tomates camerounaise
font le vide en Afrique centrale
| Ce, tandis qu'ils développaient
par ailleurs des nouvelles productions ainsi les tomates ont-elles fait le vide
autour d'elles en Afrique centrales, de même qu'un grand nombre de légumes
qui, ailleurs, auraient fait l'objet d'expéditions de contre-saison en Europe.
Ici, ces denrées pénètrent sur les tables d'Africains qui les découvrent et
les apprécient, telle la pomme de terre traduite un peu partout en frites fort
appréciées par les anciens mangeurs de manioc et de plantain à la
préparation beaucoup plus ardue. La viande camerounaise, étonnamment peu
goûtée par une population prisant bien plus le poisson et la volaille,
s'impose de même progressivement à ses frontières, portée par une qualité
que tous les Africains lui reconnaissent. Bref, les Camerounais ont parié sur
la demande africaine et ont gagné. |

Les tomates camerounaise |
|

Les
pastequescamerounaise |
"Trop, même, poursuit le responsable
administratif. Nous avons une tension inflationniste sur nos marchés qui sont
aujourd'hui insuffisamment approvisionnés par les paysans. Ceux-ci préfèrent,
exporter car ils gagnent plus en vendant aux voisins." L'histoire de la SOCUCAM, le sucrier local, est caractéristique du dynamisme agricole
camerounais. Voici trois ans encore, cette entreprise alors publique végétait
sous le nom de CAMSUCO. Le gros de la consommation locale était assuré par des
importations en provenance du Nigeria, obligeant les négociants d'une part à
immobiliser de fortes sommes en stocks importants, d'autre part à essuyer des
pertes non moins importantes lors des convoyages routiers. Au final, le sucre
restait rare et cher. La société Somdiaa emporta l'appel d'offres de
privatisation et, d'entrée, décida de travailler avec les producteurs et
négociants locaux. Les cannes retrouvèrent le chemin des usines qui offrirent
aux commerçants la possibilité d'acheter des quantités plus petites mais plus
régulières. Aujourd'hui, l'approvisionnement en sucre du pays est totalement
local et la Somdiaa est devenue, de loin, la première société sucrière
d'Afrique francophone.
Globalement toutefois,
l'agro-industrie n'a pas suivi cet envol de l'agriculture camerounaise.
Peut-être parce que les investisseurs n'ont pas cru aux circuits commerciaux
patiemment mis en place par les autochtones dans toute la sous-région ?
Toujours est-il que le parc industrie a vieilli et n'attend que son
renouvellement pour, lui aussi, bénéficier de la dynamique. Les exportations
de produits transformés ont baissé ces dernières années,
traduisant la perte progressive de compétitivité de leurs promoteurs. Mais
cela aussi est entrain de changer, comme en témoigne la guerre de la bière qui
a fait rage dans tout le pays. A l'origine, un brasseur public, Brasseries du
Cameroun, plus le groupe Guiness qui, n'appartenait pas à la multinationale
Diageo. La privatisation échoua au groupe français Castel, l'ouverture
du marché donnant des idées à deux familles camerounaises qui, à leur tour,
se lancèrent dans la fabrication de la boisson ambrée. Pour couronné le tout,
South African Breweries, aujourd'hui numéro deux mondial annonça son
arrivée. Tout cela ne pouvait que se terminer en regroupements, le renforcement
d'abord des Brasseries du Cameroun avec une alliance entre Castel et les SAB,
l'abandon d'une des deux familles ensuite, au profit toujours des Brasseries du
Cameroun, l'accroissement enfin des investissements de Guiness et du deuxième
investisseur local. Aujourd'hui, les Camerounais disposent d'une dizaine de
marque de bières d'une qualité très supérieure à celles qui leur étaient
auparavant proposées, bières qu'ils vendent bien entendu à tour de bras dans
les marchés avoisinants...
Est-ce à dire qu'hors pâturages
et labourages, point de salut au pays des Lions Indomptables ? Non, bien sûr,
le sous-sol camerounais regorge de richesse et ses forêts sont immenses. Mais
les premiers gouvernants du Cameroun Indépendant avaient sagement décidé de
ne pas baser le développement du pays sur le pétrole. Paul BIYA a toujours
maintenu le cap, si bien que le Cameroun est sans doute le seul pays africain
pétrolier a ne pas ressentir durement la baisse progressive de ses recettes
pétrolières. Il y eu pourtant jusqu'à 250 000 barils extraits quotidiennement
de ses gisements tant onshore qu' à faible profondeur maritime. Il n' y en a
plus qu'une centaine de milliers aujourd'hui, permettant en fait au pays
d'être autonome sur le plan énergétique.
L'avenir est beaucoup plus
souriant : selon toutes probabilités, la présence de formidables gisements au
large de la Guinée Équatoriale, la présence de gisements au large de Douala,
comme celle d'un énorme gisement à Doba, au Tchad voisin, est le gage de l'existence
d'hydrocarbures onshore en quantité aussi au nord du pays. On ajoutera que les
études sismiques menées par les pétroliers dans la région ne sont pas
totalement étrangères à la dispute de Bakassi. Bref, si les vieux gisements
s'épuisent il y en aura d'autres et, ces derniers mois, les grandes compagnies
ont recommencé à tourner autour des officiels camerounais lors des rencontres
pétrolières internationales. Sans compter le transit, l'argent que le Cameroun
va toucher pour le transport du pétrole tchadien jusqu'au terminal portuaire de
Kribi...
|
Les
principales cultures vivrières camerounaises |
| Manioc |
2 millions |
| Banane
plantain |
1,7 million |
| Macabo/taro |
820 000 |
| Maïs |
820 000 |
| Mil/sorgho |
385 000 |
|
LEs
principales cultures d'exportation camerounaises |
| banane
fruit |
198
000 |
| Coton
graine |
193
000 |
| Cacao |
127
000 |
| Huile
de palme |
98
000 |
| Café |
85
000 |
| Sucre |
85
000 |
| Caoutchouc |
57
000 |
Haut
de page

Réformer la gestion
forestière
| Si, pour l'heure, le
pétrole camerounais marque une pose dans son évolution, il n'en va pas de
même dans son exploitation forestière : le Cameroun est devenu le premier
producteur et le premier exportateur africain de bois tropicaux. En 2001, la
filière bois a rapporté officiellement 372 millions d'euros au pays, près de
20% du montant globale des exportations, presque autant que le cacao, le coton,
le café et la banane réunis. Le pétrole, lui, restant hors d'atteinte avec un
peu moins d'un milliard d'Euros... |
 |
Les problèmes de cette filières ont donc
été et sont d'un genre différent, fiscaux et environnementaux notamment. La
Banque Mondiale a identifié un certain nombre de réformes à accomplir
et les dirigeants du pays se sont scrupuleusement pliés à ses exigences. Ils
viennent d'ailleurs d'enregistrer l'accord de la Banque pour le versement de la
troisième et dernière tranche de l'aide qu'elle a promise pour réformer la
gestion forestière du pays. Lequel attache une importance d'autant plus grande
à son bois qu'il génère de nombres emploies directs comme indirects. C'est
ainsi que se crée actuellement une filière du meuble qui, elle aussi, s'appuie
sur le réseau commercial du pays pour accélérer son développement. Les
"salons" camerounais (canapé + deux fauteuils) font en effet fureur
aux frontières, les camions étant littéralement pris d'assaut par les grossistes.
Le travail du bois est appelé à croître puisque les exportations de grumes
sont désormais interdites, devant laisser place aux sciages et aux produits
ouvrés ou semi-ouvrés.
Bien entendu, tout cela ne
se fait pas du jour au lendemain. Les taxes ont commencé à rentrer de minière
plus satisfaisante mais la fraude n'est pas totalement éradiquée. Des grumes
quittent encore le pays. Les scieries semblent avoir des problèmes de
surcapacité. La forêt camerounaise a fait de grands pas vers la
certification mais les petits exploitants ne seront jamais à mesure de faire
certifier leurs parcelles, etc. Tous problèmes qui trouveront progressivement
leurs solutions -ou leur nouvel équilibre- dans les années à venir.
Tous les gouvernements qui
se sont succédés depuis vingt ans ont en effet prouvé leur
détermination dans les actions économiques qu'ils ont menées. Dans la crise
bancaire par exemple : celle-ci députe au cours de la deuxième moitié des
années 1980 avec l'essor fulgurant tontines d'un genre nouveau, sorte de criée
de l'argent aux enchères. Les banques de la place ne s'en sortiront pas, les
tontines finissent par capter une part beaucoup trop grande de la masse monétaire.
Le Président et sa majorité réussiront à faire comprendre aux camerounais
qu'une purge drastique est nécessaire. Ils feront la purge et gagneront qu'en
même les élections... On l'oublie souvent, mais le propre du politique est
surtout de convaincre et, à ce niveau, le Cameroun a prouvé qu'il disposait
d'une élite parmi les plus capables d'Afrique -et d'une population particulièrement
réceptive !
Sans doute leur manque t-il
d'un peu plus de bagout ? Yaoundé n'est indiscutablement pas Abidjan au niveau
de la notoriété, la retenue n'est plus une vertu dans notre monde
médiatisé. Qui sait que le taux de croissance du Cameroun est le plus élevé
d'Afrique francophone depuis cinq ans (en zone franc, c'est-à-dire Guinée Équatoriale
incluse, cette dernière passe devant) ? Qui sait que son taux d'épargne flirte
avec le cas du BIP ? Que sa gestion budgétaire est un modèle du genre ? Qui
sait qu'en dépit de la réussite des Lions Indomptables, le ministère de la
Jeunesse et des Sports est resté aussi pauvre qu'avant ? Est-ce du fait de
dirigeants pétris de méfiance paysanne vis-à-vis des dépenses somptuaires ou
bien d'une population qui, pour les mêmes raisons, déteste l'ostentation,
toujours est-il que l'austérité sied aux Camerounais, peut-être même trop :
un peu d'éclat permettrait sans doute à bon nombre d'investisseurs étrangers
d'avoir leur attention attirée par ce pays à la fois doué et méritant.
Haut
de page

De la viande à
revendre
On estime à
plus de 5 millions le nombre de bovin présents au Cameroun, l'élevage de
transhumance ayant pratiquement disparu. Ce cheptel ne donne lieu pour l'instant
qu'à un abattage restreint, quelque 100 000 bêtes par an à Douala et à
Yaoundé. Les camerounais sont surtout amateurs de volaille (il y en aurait plus
de 30 million dans le pays) et de poisson : les pêcheurs camerounais ramènent
bon an mal an, plus de 120 000 tonnes dans leurs filets, dont seulement 45 000
tonnes pêchés en mer. le gros des prises se fait en eau douce, dans les
nombreux cours d'eau et lacs du pays. A ces quantités s'ajoute celle des
fameuses crevettes, quelque 500 tonnes/an essentiellement consommées dans le
pays qui doit importer par ailleurs 60 000 tonnes de poisson des pays avoisinant
pour satisfaire sa demande intérieure.
| L'administration
estime enfin à 2,5 millions d'unités le nombre des ovins présents dans le
pays, les caprins étant un peu plus nombreux (environ 3 millions) et les porcs,
nettement moins nombreux (environ 1,2 million). Aucune statistique n'existe
concernant la viande de chasse qui est aussi consommée en quantité
relativement abondante dans les zones forestières et les grandes villes et dont
une partie doit être importée. |
 |
Haut
de page
|