Monsieur le Président de la République,

     Monsieur le Premier Ministre,

     Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement  et du Parlement,

     Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et les représentants de la société civile,

     Mesdames et Messieurs, chers amis.

     C’est pour moi un grand plaisir d’être aujourd’hui au Cameroun avec mon époux.

     Je saisis cette occasion pour remercier le peuple Camerounais à travers vous Monsieur le Président, à travers vous chère Madame, de son accueil chaleureux et de l’hospitalité qu’il nous a démontrée ce matin sur le sol de Yaoundé. Ma présence en qualité d’amie fidèle du Cameroun à titre personnel, mais aussi en qualité de Directrice Générale du Fond Monétaire International  témoigne, Monsieur le Président, de la longévité et de la profondeur de nos relations d’amitié. Comme vous l’avez dit, depuis plus de cinquante ans, le Cameroun est un des états membres du Fond Monétaire International.   

        Nous sommes 188 aujourd’hui, mais le Cameroun est membre du FMI depuis plus de cinquante ans. Peu de temps après son indépendance, il a rejoint l’institution et depuis lors, notre relation d’amitié, de soutien, dans les moments durs comme dans les moments les plus faciles n’a jamais cessé. Elle a connu beaucoup de hauts, quelques bas de temps en temps ;

       Je sais qu’il y a quelques souvenirs d’ajustements structurels qui n’ont plus cours. Le mot est même sorti  du vocabulaire du Fond Monétaire international, mais tous s’accordent  à considérer que sans ces moments là, eh bien, la situation économique aurait probablement été encore beaucoup plus difficile. Je vous l’ai dit tout à l’heure, Monsieur le Président, je vous le redis devant l’ensemble de vos convives, je réitère le soutien que le FMI continuera d’apporter au Cameroun pour une croissance économique plus forte, plus exclusive et plus durable, créatrice d’emplois aussi, notamment pour surmonter la pauvreté qui règne encore, qui persiste particulièrement en milieu rural et particulièrement chez les femmes .

        Je tiens à cette occasion à saluer les programmes de soutien à l’éducation que vous avez lancé en particulier en direction des jeunes filles. Le contexte économique mondial ; le contexte économique régional est morose. Cependant, le Cameroun, comparé à certains de ses voisins n’est ni sans atout, ni sans option. Il jouit contrairement à d’autres, d’une économie diversifiée au sein d’une région richement dotée en ressources constituées de pays membres de la CEMAC.

Pour ma part, je retiens trois grandes options qui contribueront au développement et à l’essor du Cameroun vers cet objectif que vous avez fixé, celui de l’émergence en 2035.

·        L’intégration régionale

·        Un choix judicieux d’infrastructures

·        Un bon climat des affaires.

        L’intégration régionale, Monsieur le Président, a besoin d’un nouvel essor pour harmoniser les règlementations techniques et économiques ainsi que la fiscalité pour alléger les procédures douanières, pour faciliter le transport, pour promouvoir la libre circulation des biens et des services. Sans cette dimension régionale, les investisseurs étrangers privés dont les projets nécessitent l’accès à un grand marché régional tarderont à venir.      

      Le Cameroun doit jouer un rôle leader à cet égard. Il le peut. La problématique du comblement de retard en infrastructures performantes me mène au deuxième défi. Personne, personne ne met en doute le fait que le Cameroun et la CEMAC ont un besoin impérieux d’infrastructures adéquates, celle qu’on appelle de première nécessité. Tous les gouvernements s’y sont attelés ces dernières années. Je me réjouie de savoir  que certains de ces grands projets  sont presqu’arrivés à leur point d’achèvement, et je souhaite vivement que ce point  d’achèvement  puisse être atteint rapidement.  Je pense notamment au Port en eau profonde de Kribi, et au barrage de LOM- Pangar. Il y a des routes, il y a des aéroports, il y a d’autres projets mais ces deux là sont des projets emblématiques auxquels je le sais, vous tenez infiniment Monsieur le Président, et qui seront structurants pour le pays.

          Pour autant, l’espace budgétaire de tous les pays a été réduit par la chute brutale des prix du pétrole et donc des recettes pétrolières. Autrement dit, la marge de manœuvre financière dont disposaient les pays a considérablement réduit, un peu moins sans doute pour le Cameroun qui a été béni peut être par les cieux, d’avoir un peu moins de pétrole que les autres et grâce à cela d’avoir diversifié ses exploitations . Malgré tout, il faut se résoudre à admettre que malgré les besoins, on ne peut pas tout faire tout de suite et c’est la raison pour laquelle je vous indiquais tout à l’heure qu’il nous semble  du point de vue du FMI que ces projets doivent être structurés, doivent être sélectionnés en fonction de la valeur ajoutée qu’ils apporteront, et qu’il vaut mieux en poursuivre quelques uns jusqu’à leur terme, plutôt que de trop nombreux sans qu’ils soient terminés et sans qu’ils apportent véritablement la valeur  ajoutée nécessaire au développement de l’économie Camerounaise.

Enfin, et c’est là mon troisième point, tous les efforts du Gouvernement pour faciliter l’essor économique ne pourront porter de fruits sans une amélioration du climat des affaires, et pour cela Monsieur le Président, ce que je souhaite indiquer c’est non pas l’introduction des nouvelles incitations financières, de régimes dérogatoires ou de formes d’investissements financières à grand effort publicitaire. Je veux plutôt dire par là, un changement de philosophie, d’attitude, d’approche, consistant à accueillir l’investisseur qu’il soit domestique, ou qu’il soit étranger, pas par la multiplication de guichets uniques, mais par une simplification délibérée qui corresponde véritablement à ce que souhaitent les investisseurs. J’ai la conviction pour avoir tenté une telle démarche dans mon propre pays, que les forces vives du Cameroun le souhaitent et que les autorités Camerounaises peuvent y répondre.

 J’aurai la joie après demain à Douala, de m’entretenir avec les femmes leaders du Cameroun, avec la communauté  d’affaires du Cameroun également, et je ne doute pas que sur cette question  de l’amélioration du climat des affaires, ils sauront vous apporter un grand soutien afin de constamment mettre en œuvre cet effort de simplification et d’amélioration du climat des affaires auquel l’administration toute complète qu’elle soit est parfois un peu rétive, admettons-le.

 Monsieur le Président de la République, Madame, Mesdames et Messieurs, je termine mon propos en réitérant non seulement la disponibilité du Fond Monétaire International, mais son amitié et sa détermination, en partenariat avec tous vos collaborateurs sous l’autorité du Premier Ministre, de continuer à soutenir, à apporter l’assistance technique, la surveillance, le diagnostic économique, et tout autre support que vous jugeriez utile, afin de promouvoir l’essor économique pour le bien être de la population Camerounaise .

    Je vous remercie.

 

Yaoundé, le 07 janvier 2015

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